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La Follia

Le 23/03/2012

Théâtre de la Sinne | Mulhouse

10/15/22,50/30€

La Follia, orchestre de chambre d'Alsace, fête ses 40 ans en donnant le 23 mars un concert exceptionnel au Théâtre de la Sinne, avec des invités prestigieux : Jean-Louis Baumadier, Gautier Capuçon, Gérard Caussé. L'occasion de dresser le bilan, en compagnie de Marie Colin, son administratrice.

Racontez-nous un peu les débuts de cette aventure qui a commencé il y a 40 ans...

En 1971-72, des musiciens de l'orchestre de Mulhouse et de Bâle se sont réunis pour le plaisir de jouer ensemble dans une formation plus réduite. A l'origine, ils répétaient dans des petites salles prêtées par des communes, puis se sont faits connaître en France et à l'étranger, puisqu'ils ont fait des tournées en Amérique latine, au Maghreb, etc. Ils ont donné 2000 concerts depuis la création, essentiellement en Alsace, car l'ensemble reste fidèle à sa région et c'est d'ailleurs pour cela qu'il s'est rebaptisé l'an dernier l'orchestre de musique de chambre d'Alsace.

Vous avez la particularité d'être un orchestre sans chef, dirigé par des solistes. Comment se déroulent les nominations et les concerts ?

Pour la dernière nomination, les musiciens ont fait appel à trois violonistes qu'ils ont testés sur une saison, et Hugues Borsarello a fait l'unanimité. Ce n'est pas évident d'arriver dans un orchestre qui a 40 d'histoire, ses habitudes, son répertoire. Pendant les concerts, Hugues Borsarello assure le solo de violon et dirige les musiciens, ce qui implique tout un jeu de regard et d'écoute particulier : il faut que les autres musiciens se fient à son rythme.

Votre nom de la Follia fait référence à une partition d'Arcangelo Corelli, compositeur majeur de la période baroque. Mais vous avez depuis largement ouvert votre répertoire...

Oui, petit à petit, le répertoire a changé. En France, il y a beaucoup d'ensemble baroque, qui joue sur des instruments anciens avec des cordes en boyaux, alors que la Follia avec ses instruments modernes ne correspondait pas forcément au répertoire. Depuis 2009, Hugues Borsarello, notre nouveau directeur artistique, a choisi de spécialiser l'ensemble dans le répertoire classique du XVIIIe siècle où il y a encore tant de choses à explorer. Nous jouons des compositeurs très connus comme Mozart ou Haydn, mais on fouille aussi dans les archives pour trouver des partitions qui n'ont pas été jouées depuis longtemps, comme celles du Chevalier de Saint-Georges, né en Guadeloupe, ami de Marie-Antoinette qui avait plus de succès à la cour que Mozart lui-même. Nous faisons aussi des concerts thématiques, par exemple on joue Les quatre saisons de Vivaldi, avec Les quatre saisons de Buenos Aires de Piazzolla. Nous aimons mêler les répertoires pour montrer les résonnances qu'il peut y avoir entre un compositeur du XVIIIe siècle, et du XXe.

Vous avez aussi joué plus de 30 créations de compositeurs contemporains...

Oui, cela doit être assez particulier pour un compositeur d'écouter pour la première fois un orchestre jouer son œuvre. Soit ils nous démarchent en expliquant qu'ils aimeraient composer pour nous, soit c'est le fruit d'une collaboration de plusieurs années avec des gens comme Nicolas Bacri ou Philippe Hersant.

Pour ce 40e anniversaire, vous réunissez des invités exceptionnels. Comment les avez-vous convaincus de venir ?

Ce sont essentiellement les relations d'Hugues Borsarello qui connaît très bien Gautier Capuçon et Gérard Caussé. Quant à Jean-Louis Beaumadier, il joue régulièrement depuis 30 ans avec la Follia et il vient donc à Mulhouse par amitié. On voulait marquer le coup pour cet anniversaire, faire une soirée festive, qui met à l'honneur la Follia mais aussi de grands solistes. On voulait le faire à Mulhouse puisque c'est là que l'ensemble a été crée même si le siège social a ensuite été à Strasbourg, puis Sélestat.

Un mot sur la venue de François Castang, producteur à France musique, qui présentera le concert...

C'est bien qu'il soit là pour faire le lien entre les musiciens et le public, pour apporter son savoir dans la musique. Il planche actuellement sur l'histoire de la Follia, fera venir d'anciens musiciens, racontera des anecdotes. Ce sera plus intéressant que d'avoir un programme papier.

Finalement, quel bilan tirez-vous de ces 40 ans ?

On peut déjà retenir une longévité exceptionnelle pour un orchestre de chambre. Dans les années 70, les orchestres se sont développés et très peu ont survécu. Cela tient aux financements qui ont perduré en Alsace (conseil général, région, ville de Sélestat...), à la motivation des musiciens qui ont continué à jouer, parfois même de façon bénévole pendant les moments difficiles. Et puis il y a le public qui a toujours suivi. Même s'il y a l'orchestre symphonique de Mulhouse et l'Orchestre philarmonique de Strasbourg, nous avons notre place en Alsace et l'atout de pouvoir porter la musique partout, dans des petites salles, dans des églises, puisque nous sommes une formation réduite.

Et quels sont vos projets ?

Nous allons continuer à creuser le répertoire classique. Nous avons le projet d'enregistrer un album parce que c'est un vecteur pour s'exporter, a priori du Mozart. Nous faisons appel à une structure qui va nous aider à trouver des dates de concert en France et à l'étranger sur la base de ce CD.

Propos recueillis par Sandrine Bavard

Renseignements

Théâtre de la Sinne - Mulhouse 68100 Mulhouse

Contacts :

03 89 33 78 01

Artistes :

Violon solo et direction Hugues Borsarello.

Tarifs :

10/15/22,50/30€

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