Un pneu crevé, des freins qui frottent, une roue voilée ou un vieux vélo qui dort dans la cave ? Aux Poto'Cyclettes, on ne dépose pas sa monture en attendant qu'un mécanicien fasse le travail. L'association mulhousienne propose un atelier participatif : chacun répare son vélo, avec les outils du lieu et les conseils des bénévoles.
© M.B.
L'atelier des Poto'Cyclettes
Quand un vélo arrive aux Poto'Cyclettes, les bénévoles commencent par ce qui touche à la sécurité : les pneus, les jantes et surtout les freins. Ensuite, le propriétaire prend les outils. « On essaie d'évaluer ce que la personne est capable de faire, puis on va souvent vers le plus simple au début », explique Gwen, mécano bénévole depuis 2022.
L'association fonctionne comme un atelier d'auto-réparation : chacun intervient sur sa bicyclette, avec l'aide des bénévoles. « Vous repartez souvent avec les mains sales, mais avec un vélo qui roule et plein de conseils pour apprendre à vous en occuper vous-même. »
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Gwen, bénévole de l'association
Les crevaisons et les roues voilées occupent une bonne partie des permanences. Les freins, eux, sont regardés de près. L'atelier voit aussi passer de nombreux vélos utilisés pour aller travailler, donc soumis à une usure régulière. Certains viennent par choix écologique ; d'autres parce qu'ils ne peuvent plus assumer le coût d'une voiture.
Dans ce cas, le vélo sert à aller au travail, faire les courses ou accompagner les enfants. Savoir régler un frein ou réparer une chambre à air évite qu'une petite panne ne bloque tout le quotidien. Gwen le constate : lorsque les gens comprennent mieux leur monture, ils gagnent aussi en assurance. « Ils n'ont plus peur d'aller faire trente kilomètres et d'être en panne. »
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Jeanne et Jean-Pierre, bénévoles de l'association
Les Poto'Cyclettes utilisent aussi des pièces récupérées sur des vélos démontés dans les circuits de réemploi. Les modèles fabriqués entre les années 1950 et 1980 se prêtent bien à cette seconde vie : leurs composants, souvent métalliques, se réparent mieux que certaines pièces en plastique plus récentes.
Gwen roule lui-même sur des bicyclettes anciennes. Il évoque un modèle de 1980, resté dehors pendant près de vingt ans, qu'il a réussi à remettre en route presque sans pièce neuve. « Un vélo, c'est souvent une quinzaine de kilos et ça se remet en état avec moins d'un kilo de métal », glisse-t-il. Le stock de l'association ne couvre pas tous les besoins, mais les adhérents peuvent aussi se fournir auprès des structures de réemploi.
Au fil des séances, les plus à l'aise finissent souvent par conseiller les nouveaux. Pour Gwen, une permanence réussie tient en peu de mots : on arrive avec un problème, on repart avec une solution, davantage de connaissances et le sourire en prime.
Article rédigé par Mathilde.
Date de publication : le 23/07/2026.
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