Du 20/03/2012 au 21/03/2012
5,50/25€ (pass TRANS(E) dès 3 spectacles : 12€ la place)
Disons que c'est une somme d'activités qui touchent à l'art dramatique, avec une volonté de faire avancer le théâtre dans la ville. On veut interroger d'autres codes, d'autres écritures, d'autres langages pour nourrir notre art.
La Filature, où l'on est artiste associé, nous a donné carte blanche. On a réfléchi aux liens qui unissent et désunissent les habitants avec la Filature et les lieux de culture en général : comment les habitants les perçoivent ? Nous avons fait remplir un questionnaire à divers habitants (à la Filature, en maison d'arrêt, dans des lycées...) On a rencontré aussi des personnes qui se réunissent pour des activités culturelles (majorette, danse en ligne, chorale...), qui ne sont pas référencées en tant que culture officielle, qui ne sont pas valorisées à la Filature. Avec un tel lieu, la ville fait une promesse : un lieu de partage, de convivialité, de fête. Mais qui y va? C'est un projet simple dans le fond, mais rare.
On a fait appel à un jeune auteur, Lisa Lacombe, pour écrire des textes à partir de centaines d'interviews réalisées. Des textes au plus près d'une violence et d'une énergie, très drôles et insolents.
Il y aura une centaine de figurants qui vont jouer leur propre rôle et une vingtaine d'artistes qui vont défiler depuis le Parc Salvator à la Filature. Il y aura des stop en différents points de la ville, chez un garagiste, dans un jardin d'une copropriété, dans le tram... L'idée est de se confronter à la réalité et de mettre du théâtre là où il n'y en a pas habituellement. Pendant ces arrêts, il y aura des solos : théâtre, masque, lecture de textes...On finira à la Filature dans une grande fête, pour se regarder les uns les autres. C'est un projet participatif, politique, poétique, dont le but est de rassembler les gens, faire voler les étiquettes, faire tomber ces barrières qui empêchent d'avoir accès à la culture.
On n'est pas une service d'une idéologie, mais on s'interroge sur la consommation culturelle dans une ville du XIXe siècle. Ce projet est taillée sur mesure pour une institution, pour les habitants. C'est une action culturelle au sens noble du terme, menée à partir d'ateliers et d'échanges. On a besoin de ça, parce que les gens passent devant les affiches de spectacle sans les regarder, comme n'importe quelle publicité. Les gens que l'on a rencontré étaient effrayés par la culture, avait peur de dire une bêtise. Il y a pourtant un besoin incommensurable de parole, de reconnaissance. Il faut sortir des schémas : les lycéens vont voir du théâtre classique, les bourgeois vont voir de l'opéra... Il devrait y avoir plus d'insolence dans les institutions culturelles. D'un point de vue artistique, ces lieux sont désertés par les habitants. On devrait leur dire : cette maison est la vôtre, venez vous émouvoir et rêver ensemble!
Quand on ne connaît pas, on a forcément des clichés en tête : j'avais l'image d'Alsaciens qui restent enfermés chez eux. On imaginait aussi la Filature comme le seul temple culturel, or Mulhouse est une agglomération de villages, avec plein de ressources.
Contacts :
Festival TRANS(E)
03 89 36 28 28
5,50/25€ (pass TRANS(E) dès 3 spectacles : 12€ la place)
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