Marck et Calais : quand la Côte d’Opale se transforme en forteresse

Dès 1942, le littoral de la Côte d’Opale s’intègre au Mur de l’Atlantique, vaste réseau allemand de fortifications qui s’étend de la Norvège aux Pyrénées. La Côte d’Opale, du fait de sa proximité avec l’Angleterre, compte parmi les zones les plus fortifiées. Batteries d’artillerie, bunkers, postes d’observation et casemates se succèdent le long du rivage. Certains de ces ouvrages sont encore bien visibles, parfois dissimulés dans les dunes ou intégrés au paysage.

La casemate rotative de la Batterie Waldam DR La casemate rotative de la Batterie Waldam

La batterie Waldam, l’étonnante sentinelle des dunes

Dissimulée dans les dunes du Fort Vert (Marck), la batterie Waldam est construite pour renforcer la défense du secteur de Calais et de son port. Son élément le plus spectaculaire est sa casemate rotative. Contrairement à une casemate classique, dont le canon est installé dans une ouverture fixe, cet ouvrage abrite une pièce d’artillerie montée sur un système de galets de roulement permettant de faire pivoter le canon à 360° pour modifier son angle de tir. Après chaque tir, la tourelle pivotait à 180° afin de protéger le canon et ses servants derrière une carapace de béton armé de plusieurs dizaines de centimètres.

Le détail insolite : Sur la route de la réserve naturelle du Platier d’Oye, une curieuse tour penchée interpelle. Cet imposant ouvrage en béton est un ancien poste d’observation et de guidage de tir pour les batteries avoisinantes. Pour le cacher de l’aviation anglaise, il lui a été donné la forme d’un clocher avec une croix de fer au sommet. En septembre 1944, les troupes allemandes en déroute essaient de faire sauter l’ouvrage. Mais la charge n’est pas assez puissante. La tour reste debout, mais s’incline d’environ 20° !

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Calais, un verrou militaire face à l’Angleterre

Le 23 mai 1940, la ville devient le théâtre d’une bataille acharnée : les troupes françaises et les Green Jackets britanniques résistent pendant trois jours à l’avancée allemande. Les défenseurs livrent un combat qui contribue à ralentir la progression allemande alors que, plus au nord, l’évacuation de Dunkerque se poursuit. Le 26 mai, à court de munitions, la garnison capitule. La suite est celle d’une ville placée pendant plus de quatre ans sous occupation allemande. Calais devient un secteur stratégique face à l’Angleterre et se couvre progressivement de bunkers, de batteries et de postes de commandement.

Le lieu à ne pas manquer : Le Musée Mémoire 39-45, installé dans un impressionnant bunker de 94 mètres de long qui servait de poste de commandement à la Kriegsmarine, permet de comprendre cette période à travers photographies, objets, uniformes et témoignages sur la vie quotidienne des habitants.

L’image à retenir : A la fin de la guerre, Calais Nord est un champ de ruine… Les photos de l’époque ne montrent que des pans de murs et des gravats. Seuls le phare et la Tour du guet du XIIe siècle sont encore debout !

A découvrir aussi : Leffrinckoucke et Zuydcoote : dans les dunes de la bataille

Marck et Calais : quand la Côte d’Opale se transforme en forteresseBatterie Waldam - 62730 Marck

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