Anaïs, c'est une femme qui fait du vin plein de personnalité en toute discrétion. On lui a rendu visite dans ses vignes d'Ammerschwihr par un bel après-midi ensoleillé. étonnant ! - Mike Obri
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Anaïs Fanti dans ses parcelles
« Je me suis dit : quoi, encore 40 ans à faire ça ?! C'est pas possible ! » En 2018, Anaïs Fanti était infirmière, œuvrant dans un service aux pathologies lourdes. Elle arrête tout, étudie la viticulture au centre de formation de Rouffach puis lance en 2020 son petit domaine, à son nom. « Pas non plus la meilleure année pour démarrer une activité ! », sourit-elle. Anaïs récupère 1,60 hectare de vignes familiales sur les hauteurs d'Ammerschwihr. Une surface minuscule.
Elle fait tout seule, des travaux en vignes jusqu'à l'envoi des cartons de bouteilles à ses clients, avec parfois, un petit coup de main de ses parents. « Un millésime, chez moi, c'est entre 7000 et 8000 bouteilles. ça me suffit pour vivre, je n'ai pas de projet d'agrandissement. Le truc, c'est que j'ai pu valoriser mes cuvées très vite : j'ai fait les bonnes rencontres au bon moment pour que ça marche, et le bouche-à-oreille a plutôt bien suivi. »
Comment ça se passe, un tout premier millésime ? Anaïs se marre : « Bin, simple... on ne dort plus ! » Elle nous sert un verre de sa cuvée Pampa Rosa, légèrement frais. « J'ai expérimenté, un peu en autodidacte. Parfois, on me posait des questions sur la vinification, et je ne savais pas y répondre. On se demande ce qu'on fout là, si on s'est pas lancé dans une connerie. » On goûte. Au nez, les marqueurs habituels du vin nature sont présents, c'est un peu fou-fou mais généreux. En bouche, une évidente finesse, de la maîtrise, un Pinot Noir rosé marqué par son terroir, à la fois simple et complexe.
La gamme d'Anaïs, c'est pas compliqué : trois cépages et six cuvées très différentes, aux noms amusants (Habibi Chéri, Vina Loca, Chantal des Astres...) et aux étiquettes colorées et poétiques. Un Pinot Auxerrois, deux Gewurz' dont un façon vin orange, et deux Pinots Noirs, l'un en mode rosé estival, et l'autre plus bourguignon, concentré, ciselé, qui appelle le morceau de barbaque. Pas d'appellation Alsace, que du Vin de France. « J'étais un peu la bête de foire quand j'ai commencé à travailler dans mes parcelles. Mais t'as une clique branchée vin nature dans les parages, qui se serre les coudes : La Grange de l'Oncle Charles à Ostheim où j'ai fait mon stage et qui m'a marquée, "Les Funambules" ici... »
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Trois cuvées de la vigneronne
Sa production étant limitée, on ne trouve pas les vins d'Anaïs les doigts dans le nez, et sur place, pas de caveau de dégustation ! On retrouve ses quilles essentiellement lors de salons des vins nature, comme Brut(es) à Mulhouse ou Sommerfascht à Sélestat. « Le milieu du vin, c'est "complicado" en ce moment ! Heureusement, j'ai de chouettes clients, surtout des cavistes qui me suivent depuis le début, mais entre la baisse de la consommation de vin et la baisse du pouvoir d'achat, il faut sans cesse se battre. C'est sympa, le sommelier d'Olivier Nasti, Jean-Baptiste Klein, me prend du vin, l'étoilé Thierry Schwartz à Obernai aussi. »
Du vin naturel, un peu funky mais bien fait : « Avec une si petite production, je ne peux pas me permettre de foirer une cuvée. Mes vins, j'en prends grand soin. » Comme une infirmière veillant à la bonne forme de son patient.
Anaïs Fanti à Ammerschwihr - Insta : @vinsafanti
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