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Espaces intercalaires - LES MARDIS DE L'ARCHITECTURE

Le 19/05/2026

Cinéma Bel Air | Mulhouse

Payant (voir les détails)

Pour ses dernières soirées de la saison, le cycle CINÉMA ET ARCHITECTURE s'ouvre sur 2 séances dédiées au Japon et plus précisément à Tokyo. 

Espaces intercalaires - LES MARDIS DE L'ARCHITECTURE © Affiche officielle Espaces intercalaires - LES MARDIS DE L'ARCHITECTURE

Rendez-vous pour la projection du documentaire-fiction "Espaces intercalaires"

Damien Faure
France • 2012 • 56min • Couleur • VOST 

>> Bande-annonce >https://youtu.be/x9gXUrpsLXM?si=Mb_rAcGJ_G8OxL1v

Le corbeau, le maître de Tokyo, est capable d'appréhender la ville dans sa globalité puis la parcourir dans ses plus petits interstices. Au début, le champ urbain se voit comme un espace à trois dimensions, puis en prolongeant le regard, de nouveaux lieux apparaissent. Tokyo se métamorphose. Ces espaces nous révèlent une vision différente de la cité, peuplée d'architectures singulières et de personnages qui habitent la ville autrement.

Le film de Damien Faure mélange les registres du documentaire (entretiens, visites) et du film de fiction, non pas pour s’éloigner du réel mais pour au contraire mieux le saisir. Il s’ouvre sur une observation d’un ornithologue japonais dans un parc de Tokyo : « Le corbeau, le maître de Tokyo, connaît mieux la ville que l’homme. » Et sur un constat : à Tokyo, l’oiseau fait son nid en utilisant à la fois des matériaux naturels et des objets trouvés. Ce détour par l’ornithologie nous rappelle l’intelligence du monde animal pour s’adapter à son milieu. Il introduit aussi le thème du film : les nids que l’homme construit dans l’univers urbain.  

Le documentaire s’inscrit dans la lignée du célèbre ouvrage de l’atelier Bow-Wow, PET Architecture Guide Book, publié en 2001, qui fut le premier à documenter ces « discrètes petites architectures », comme les nomme Yoshiharu Tsukamoto (associé de Bow-Wow), en les comparant aux animaux de compagnie que l’on peut transporter partout. Érigées sur des parcelles résiduelles, ces architectures font souvent preuve de beaucoup d’ingéniosité pour tirer parti des contraintes dimensionnelles et urbaines qui leur sont imposées. Elles se glissent entre les bâtiments, s’accolent à une infrastructure, s’implantent sur un espace résiduel en cœur d’îlot.

Mais le film ne se limite pas à l’inventaire typologique développé dans le livre. Il le complète intelligemment en utilisant le point de vue cinématographique pour plonger dans l’intériorité de ces bâtiments singuliers, pour explorer leur ingéniosité spatiale, pour entraîner le spectateur dans le dédale de leurs niveaux, de leurs recoins et de leurs rituels. Il s’intéresse aussi à l’histoire de leurs habitants et à leurs modes de vie. « Les petits espaces sont naturellement infinis pour les Japonais, alors qu’ils sont étroits pour les Occidentaux », nous confie un architecte. Un autre nous explique que l’espace de travail dans son agence est tellement étroit que l’apparition des ordinateurs à écran plat a représenté un gain d’espace conséquent !

Damien Faure ne s’intéresse pas seulement à l’architecture savante. À l’instar du travail de Bow-Wow, il se tourne également vers l’architecture vernaculaire commerciale : fleuriste, réparateur de vélos, bar. Le restaurant Kadokko (4,8 m x 0,9 m x 6,2 m) est un lieu de rencontre privilégié des âmes solitaires en raison de sa taille lilliputienne. « Ici, on est obligé de se parler », constate un client, en raison de l’exiguïté de l’espace intérieur. Le patron, qui chante et nous raconte sa vie, observe que « l’avantage de ce petit espace est de découvrir ce qui est invisible ». Ces incursions dans l’intimité de ces lieux habités permettent de rencontrer des personnages singuliers, comme cet entomologiste qui habite et travaille dans une petite pièce. Il stocke ses insectes dans son réfrigérateur devenu inutile avec la supérette du coin de la rue ouverte 24 heures sur 24. Tout comme la salle de bains, puisque le bain public est si pratique ! Le décryptage de ces microcosmes alterne avec des vues « à vol d’oiseau », la caméra-oiseau glissant silencieusement au-dessus du macrocosme urbain comme pour tenter d’en déchiffrer l’ADN. En convoquant, à l’instar du corbeau, ces deux échelles opposées mais complémentaires, Damien Faure parvient à capturer les singularités culturelles et spatiales de l’espace urbain tokyoïte et à dresser un portrait à la fois poétique et sensible de la ville. 

>> Article magazine D'Architectures

Le cycle des Mardis de l'Architecture, c'est une fois par mois au Cinéma Bel Air, un film, fiction ou documentaire, présenté et suivi d'un temps d'échanges, parfois d’une rencontre. Le cycle est organisé en partenariat avec la MEA - Maison Européenne de l'Architecture Rhin Supérieur, association œuvrant à promouvoir et à sensibiliser à la culture architecturale.

Renseignements

Cinéma Bel Air - Mulhouse 68200 Mulhouse

Dates et horaires :

  • Mardi 19 Mai 2026 de 20h30 à 22H00

Tarifs :

9 € tarif normal / 7€ tarif réduit adhérents MEA, étudiants, carte CEZAM, invalides, Carte Pass’temps - 5€ - tarif réduit - de 26 ans ou Carte Amis du Bon Cinéma / 3€ - tarif réduit Carte Culture

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