Perchés sur des caps vertigineux, perdus au cœur des dunes ou posés sur de minuscules îlots, les phares de la Méditerranée racontent chacun une histoire différente. Celle d'une côte façonnée par les vents, les naufrages, les guerres et l'ingéniosité humaine. Du phare de Camarat, deuxième feu de France par la hauteur de sa flamme, au mystérieux phare de Beauduc que la Camargue semble vouloir avaler, en passant par le faux phare de Palavas qui cache un ancien château d'eau, ce tour de la côte méditerranéenne réserve bien des surprises. Dix monuments à explorer, qu'ils se visitent, se contemplent depuis un sentier ou se rejoignent au bout d'une piste de sable.
Sommaire
Construit en 1869 à une centaine de mètres du rivage, le phare de l'Espiguette au Grau-du-Roi se retrouve aujourd'hui à près de 700 mètres de la mer. La côte a progressivement avancé sous l'effet de l'accumulation des sables, laissant ce phare classé Monument historique planté au milieu d'un immense paysage dunaire. Sa construction fut particulièrement rude : les matériaux arrivaient par la plage sur des gabarres tirées par des chevaux, les ouvriers souffraient de la chaleur et du manque d'eau douce, au point de surnommer l'endroit la Pointe Maudite. Sa tour carrée de 27 mètres, intégrée à un bâtiment en pierre apparente, accueille aujourd'hui un musée. L'Espiguette a été retenu pour ce paradoxe saisissant : un phare conçu pour guider les navires, que la mer a tout simplement décidé de quitter. Il serait dommage de ne pas y aller au moins pour raconter cette histoire lors du dîner.
Notre conseil : Profitez de la visite du phare pour prolonger la balade dans le Grand Site de la pointe de l'Espiguette. Les dunes et le paysage littoral classé forment un cadre naturel exceptionnel qui mérite autant d'attention que le monument lui-même.
Le plus ensablé : le phare de l'Espiguette : toutes les informations
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Le Phare de la Méditerranée à Palavas-les-Flots
Voilà un phare qui n'en est pas un. Le Phare de la Méditerranée à Palavas-les-Flots est en réalité un ancien château d'eau réhabilité, construit autour des vestiges de la Redoute de Ballestras, un fort édifié en 1744 pour défendre la ville. Depuis ses 64 mètres, il domine Palavas et déroule, au 11e étage, une plateforme panoramique avec vue à 360° sur les étangs, le littoral, le golfe du Lion et l'arrière-pays, accessible grâce à un ascenseur vitré. Le 12e étage abrite un restaurant tournant, et le 11e une exposition consacrée à l'artisanat des Poilus, ce qui confère à l'édifice une dimension historique inattendue. Ce lieu atypique a été sélectionné pour sa capacité à surprendre : on croit visiter un phare, on repart avec une leçon de patrimoine et une vue imprenable sur tout l'Hérault.
Notre conseil : Réservez une table au restaurant panoramique tournant du 12e étage pour le coucher de soleil. Le paysage qui défile lentement pendant le repas, entre étangs et Méditerranée, transforme une simple sortie en soirée mémorable.
Le plus panoramique : le Phare de la Méditerranée à Palavas-les-Flots : toutes les informations
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Phare de Saint-Jean-Cap-Ferrat
À la pointe de la presqu'île de Saint-Jean-Cap-Ferrat, le phare du Cap Ferrat à Saint-Jean-Cap-Ferrat signale l'entrée de la rade de Villefranche depuis un site dont la tradition de signalisation maritime remonte au XVIe siècle. L'édifice actuel, construit entre 1949 et 1952, remplace un phare de 1732 détruit en 1944. Sa position géographique lui offre un panorama qui s'étire de l'Estérel jusqu'au littoral italien par temps dégagé. Le phare est aujourd'hui fermé au public, mais le sentier du littoral qui contourne la presqu'île offre plusieurs points de vue remarquables sur le bâtiment et la Méditerranée. Détail inattendu : l'actrice Sophie Duez, native de Nice, en est la marraine. Ce phare a été retenu pour la qualité exceptionnelle du sentier de randonnée qui lui sert d'accès et pour la beauté brute du site.
Notre conseil : Intégrez le phare du Cap Ferrat à une randonnée complète sur le sentier du littoral de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Le tour de la presqu'île permet de profiter de la vue sur le phare depuis plusieurs angles et de découvrir l'un des plus beaux sentiers côtiers de la Côte d'Azur.
Le plus spectaculaire : le phare du Cap Ferrat : toutes les informations
À l'extrémité du cap Béar, au-dessus de Port-Vendres, le phare du Cap Béar à Port-Vendres impose sa silhouette massive sur une côte rocheuse parmi les plus spectaculaires des Pyrénées-Orientales. Construit en 1905 pour remplacer une première tour trop basse et trop souvent noyée dans le brouillard, il culmine à près de 80 mètres au-dessus du niveau de la mer. Sa tour carrée de 27 mètres lui donne une allure de forteresse, renforcée par un intérieur soigné : escalier en marbre rose, rampe en cuivre et murs ornés de carreaux d'opaline. Le phare n'est pas ouvert à la visite intérieure, mais les sentiers du cap offrent des panoramas remarquables sur la Côte Vermeille, les Pyrénées et la Méditerranée. Ce phare toujours en service a été retenu pour la qualité des randonnées qui lui servent d'écrin.
Notre conseil : Chaussez de bonnes semelles et empruntez les sentiers du cap pour contourner le phare et profiter des points de vue sur la Côte Vermeille. La lumière en fin d'après-midi sur les rochers roussis par le soleil est particulièrement photogénique.
Le plus sauvage : le phare du Cap Béar : toutes les informations
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Coucher de soleil sur le phare du Planier
À neuf kilomètres au large du cap Croisette, le phare de Planier à Marseille se dresse comme un repère maritime incontournable de la cité phocéenne. Sa tour, construite après la Seconde Guerre mondiale en remplacement d'un édifice détruit en août 1944, mesure 72 mètres : c'est le plus haut phare de Méditerranée française. Ses 362 marches ne se gravissent que pour les rares personnes autorisées à y pénétrer, car le phare est fermé au public et l'île inaccessible. On peut seulement en approcher par bateau. L'histoire du site remonte au XIVe siècle, avec une première tour à feu signalée bien avant les grandes reconstructions successives. Alexandre Dumas, Émile Zola et Albert Londres ont chacun évoqué Planier dans leurs œuvres. Ce phare a été sélectionné pour son statut de monument maritime mythique, visible depuis la côte et chargé d'histoire littéraire autant que maritime.
Notre conseil : Embarquez sur une excursion en bateau au départ de Marseille pour approcher Planier au plus près. La perspective depuis la mer, avec la tour de 72 mètres qui se découpe sur le ciel méditerranéen, justifie à elle seule la sortie.
Le plus célèbre de Marseille : le phare de Planier : toutes les informations
À l'embouchure du fleuve Hérault, les phares du Cap d'Agde forment un duo de repères maritimes au cœur d'un espace touristique parmi les plus fréquentés du littoral languedocien. Le phare du Grau d'Agde, daté de 1805, fut le premier feu fixe à baliser la côte. Un siècle plus tard, en 1903, le phare de la Tamarissière s'installe sur la rive gauche du fleuve pour compléter le balisage. Les deux monuments se découvrent en promenade, depuis les quais et le front de mer, sans accès intérieur possible. Au bout de la jetée du Grau d'Agde, la vue à 360° sur la mer et l'embouchure vaut le détour. Un bac relie les deux rives en quelques minutes. Ces deux phares ont été retenus pour leur accessibilité immédiate et leur capacité à enrichir une simple balade de bord de mer d'une dimension patrimoniale.
Notre conseil : Combinez les deux phares dans une même balade en empruntant le bac d'une rive à l'autre. Allez au phare du Grau d'Agde en fin de journée pour la lumière sur l'horizon marin, et rejoignez la Tamarissière tôt le matin pour observer les pêcheurs le long de la plage.
Les plus urbains : les phares du Cap d'Agde : toutes les informations
Au large de Six-Fours-les-Plages, sur la petite île du Grand Rouveau appartenant à l'archipel des Embiez, le phare du Grand Rouveau à Six-Fours-les-Plages occupe le sommet d'une terre rocheuse que le Conservatoire du littoral protège depuis 2000. Construit entre 1861 et 1863, le phare-maison réunit dans un même ensemble une tour centrale de 17 mètres et deux ailes qui abritaient autrefois les logements des gardiens. La construction utilise de la pierre de Cassis pour les soubassements et des moellons du cap de la Cride pour le reste de l'édifice. Automatisé en 1976 et télécontrôlé depuis Porquerolles, le phare signale le mouillage du Brusc et l'entrée des ports de Bandol. Il n'est pas visitable, mais l'île et ses sentiers permettent d'en approcher l'architecture dans un cadre naturel méditerranéen particulièrement intact. Ce phare a été sélectionné pour la combinaison unique entre patrimoine maritime et protection environnementale.
Notre conseil : Renseignez-vous sur les possibilités d'accès à l'île depuis les ports voisins avant de programmer votre visite. Une fois sur place, prenez le temps de parcourir les sentiers pour découvrir la végétation et la flore méditerranéenne, aussi intéressantes que le phare lui-même.
Le plus insulaire : le phare du Grand Rouveau : toutes les informations
Acroché au sommet du cap Camarat à Ramatuelle, le phare de Camarat à Ramatuelle détient un titre peu commun : avec sa source lumineuse placée à 130 mètres au-dessus de la mer, il est le deuxième phare de France pour la hauteur de son feu, et ce malgré une tour carrée qui ne mesure que 25 mètres. Construit entre 1836 et 1838, il surveille depuis toute la presqu'île de Saint-Tropez, la plage de Pampelonne, les îles d'Hyères et, par temps clair, les Alpes. Longtemps fermé au public, le phare a rouvert ses portes en 2025 sous une formule maîtrisée : visites sur réservation, groupes limités à huit personnes, montée jusqu'à la terrasse en 84 marches, et espace d'exposition consacré à la faune, la flore, les épaves et l'histoire des phares. L'accès se fait en navette depuis Ramatuelle. Ce phare a été sélectionné pour la combinaison rare entre son cadre naturel classé et sa récente ouverture au public, qui en fait une découverte encore confidentielle.
Notre conseil : Réservez votre créneau dès que possible, car les groupes sont volontairement petits. Ce format intimiste est justement ce qui fait la valeur de la visite : la terrasse à 130 mètres au-dessus de la Méditerranée, sans foule, vaut largement l'effort de planification.
Le plus haut perché : le phare de Camarat : toutes les informations
Perdu entre mer, étangs et dunes à l'extrémité de la Camargue, le phare de Beauduc à Arles occupe une place à part dans ce panorama méditerranéen. Construit en 1902-1903 après le naufrage du vapeur marseillais Pergame, il a accompli sa mission pendant plus d'un siècle avant d'être définitivement éteint en 2019. L'évolution du trait de côte et les difficultés d'accès ont conduit à remplacer son signal par une bouée cardinale. Aucune route classique ne conduit jusqu'à lui. On l'atteint après une balade dans les paysages typiques de la Camargue, entre marais salants, étangs et dunes. Non visitable, il reste néanmoins un élément majeur du patrimoine camarguais, et son isolement fait partie intégrante de son caractère. Ce phare a été sélectionné précisément parce qu'il ne se laisse pas facilement approcher : le rejoindre est déjà une aventure en soi.
Notre conseil : Partez tôt le matin pour rejoindre Beauduc, de préférence à pied ou à vélo depuis les abords de la plage. L'absence de foule à cette heure, combinée à la lumière rasante sur les dunes et les étangs, donne à la balade un caractère presque irréel.
Le plus camarguais : le phare de Beauduc : toutes les informations
Au sud-est de la Camargue, entre étangs, marais et delta du Rhône, le phare de Faraman à Arles cumule les curiosités. Sa tour rayée de trois bandes horizontales noires et blanches, reconnaissable entre toutes, date de 1892. Elle est en réalité le troisième édifice construit sur ce site depuis 1830, chaque version précédente ayant été emportée ou menacée par l'avancée de la mer. Avec ses 210 marches intérieures en pierre de taille et un feu visible à plus de 50 kilomètres, le phare constitue l'un des plus anciens grands phares de Camargue. Il n'est pas ouvert à la visite intérieure, mais son environnement, peuplé de flamants roses et d'oiseaux des zones humides, en fait une destination de découverte à part entière. Il est également entré dans l'histoire du cinéma : en 1967, une scène du film Le Petit Baigneur de Robert Dhéry avec Louis de Funès y fut tournée. Ce phare a été retenu pour la richesse de son histoire, qui illustre mieux que tout autre la nature changeante de la Camargue.
Notre conseil : Emportez des jumelles pour observer la faune des zones humides pendant le trajet jusqu'au phare. Les abords du site constituent un observatoire naturel de premier ordre pour les oiseaux camarguais, et le phare rayé qui émerge au milieu du paysage vaut autant pour son cadre que pour son architecture.
Le plus insolite : le phare de Faraman : toutes les informations
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