Verney-Carron, Boulevard Thiers | Saint-Étienne
Fondée en 1820, la manufacture Verney-Carron, installée boulevard Thiers à Saint-Étienne, a remporté cet été un contrat de 15 millions d'euros avec le ministère de l'Intérieur. L'entreprise, dernier fabricant français d'armes de petit calibre, fournira 6 000 lanceurs GLC-40 aux forces de l'ordre. Un signal fort pour cette maison historique, rachetée en juin 2025 par le groupe Rivolier après une période difficile.
Verney-Carron renoue avec une trajectoire positive. La manufacture stéphanoise, dont l'histoire remonte à 1820, s'est imposée au fil des décennies comme l'un des fleurons industriels ligériens. Initialement tournée vers le monde de la chasse, elle s'est progressivement diversifiée vers la sécurité intérieure et, un temps, vers la fabrication de matériel militaire, participant notamment à la production du Famas, le fusil d'assaut de l'armée française, en tant que sous-traitant du Giat. Ce segment a depuis été mis de côté par le nouveau propriétaire.
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Verney-Carron, l'armurier stéphanois, décroche un contrat de 15 millions d'euros avec le ministère de l'Intérieur
Rachetée en juin 2025 à la barre du tribunal de commerce par le groupe Rivolier, basé à Saint-Just-Saint-Rambert dans la Loire, l'entreprise entame une nouvelle page de son histoire. C'est dans ce contexte de reconstruction que s'inscrit le contrat décroché cet été : 15 millions d'euros pour la livraison de 6 000 lanceurs GLC-40 au ministère de l'Intérieur, destinés à équiper les forces de l'ordre françaises.
Pour Alexandre Van Robais, directeur général du groupe Rivolier, ce contrat représente bien plus qu'une opération commerciale. « Cela va nous permettre de gagner en visibilité et en crédibilité », souligne-t-il, y voyant « une étape cruciale dans la sortie de crise ». La fabrication de ces lanceurs se fait en grande partie à Saint-Étienne, dans les ateliers du boulevard Thiers, ce qui ancre ce succès industriel directement dans le tissu économique local.
Le groupe Rivolier a clairement identifié deux piliers pour redresser et pérenniser l'activité de Verney-Carron. Le premier repose sur les armes non létales, segment sur lequel la marque dispose d'une image et d'une légitimité historiques. Outre le lanceur GLC-40, l'entreprise propose le Cobra, adopté par les CRS, ainsi que le Flash-ball super-pro 2, utilisé par de nombreuses polices municipales. « Notre image de marque colle à celle du maintien de l'ordre. Nous capitalisons sur cet atout », confirme Alexandre Van Robais.
Le second axe de développement concerne l'activité d'origine de la maison : l'arme de chasse. La gamme a été resserrée et modernisée, avec un travail sur les designs, les canons et le positionnement tarifaire, dans l'objectif de regagner en compétitivité sur le marché français. Les carabines, portées par l'engouement pour la chasse au sanglier, enregistrent de bons volumes de ventes, mais c'est le fusil Sagittaire qui reste le symbole de la marque.
Le Sagittaire incarne le savoir-faire historique des ateliers stéphanois : une arme légère, quasi intégralement conçue et assemblée boulevard Thiers, à l'exception du travail du bois, confié à des sous-traitants. Ce fusil illustre la volonté de Verney-Carron de conjuguer tradition artisanale et exigences contemporaines du marché, tout en s'appuyant sur l'excellence industrielle qui a fait la réputation de Saint-Étienne dans la fabrication d'armes depuis deux siècles.
Article rédigé par Julie
Date de publication : le 06/10/2026.
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