Jusqu'au 20/09/2026
Fondation Fernet-Branca | Saint-Louis
Payant (voir les détails)
Le titre de la nouvelle exposition de la Fondation Fernet-Branca à Saint-Louis, "Tempesta", n'illustre pas complètement les nombreux sujets forts qui en jaillissent : la vie, la mort, les traumatismes de l'époque... Si la forme est minimaliste, le fond se révèle particulièrement engagé.
© Julian Salinas
Julius von Bismarck, History Apparatus, 2026
On ne va pas vous raconter de sornettes : à la lecture du communiqué de presse mystérieux décrivant la nouvelle exposition Tempesta, on n'avait pas compris grand-chose. Et puis, on l'a visitée, en chair et en os, en compagnie de son commissaire invité, Daniel Kurjaković, du Kunstmuseum de Bâle. Tout est devenu plus clair et fort intéressant. « C'est fini, ou pas ? C'est de l'art, ou pas ? Certaines œuvres de l'expo poussent volontairement le bouchon ! », nous annonce-t-il. Certaines œuvres contemporaines sont indéniablement difficiles d'accès a priori, un commentaire expliquant l'idée sous-jacente vient souvent changer la donne. À l'image de ces longs colliers de perles accrochés au plafond, par l'artiste suisse Jos Näpflin, 76 ans. Une installation minimaliste. Mais de quoi s'agit-il ?
© Julian Salinas
Josh Kline, Professional Default Swaps, 2024
Il s'agit en réalité de vie et de mort. « Chaque collier comporte 365 perles et représente la dernière année de la vie d'une personne proche de l'artiste. Les perles de couleurs sont les jours qui ont été vécus, les perles blanches, l'absence », décrit Daniel Kurjaković. Un collier orné principalement de perles blanches illustre ainsi un décès en janvier ou en février. Sinistre et poétique. L'artiste, qui se sent vieillir, en tient un proche pour lui-même.
Plus loin en visitant la Fondation Fernet-Branca, on tombe sur de grandes sculptures en tissu qui illustrent les dérives de la fast-fashion, ou sur des moulages ultra-réalistes qui font réfléchir à notre société de consommation qui contrôle jusqu'à nos désirs.
© Julian Salinas
Josh Kline, Honorarium, 2024
Autre installation excentrique : des morceaux de puzzle au sol, sur lesquels sont disposés divers objets. Des photos, des cigarettes, des canettes de bières, une Bible, du PQ, un couteau de cuisine, une boîte de Tic-Tac... « Des objets trouvés à l'intérieur de voitures d'anciens vétérans de guerre. En les observant, on peut s'imaginer la vie de quelqu'un, comme un portrait », souligne le commissaire d'exposition. « J'y vois une métaphore du prix que paient ceux qui ont tué ou assisté à la mort pour une idéologie collective, sorte de destruction de l'individu », estime Vittorio Santoro, l'artiste qui a imaginé cette œuvre bien sentie.
Au final, Tempesta donne relativement peu à voir en refusant de verser dans le démonstratif, ce qui peut être perturbant pour le visiteur distrait. Pourtant, les réflexions sous-jacentes sont puissantes et engagent souvent le débat. Un décalage entre fond et forme, assez représentatif de la production contemporaine. Il faut gratter !
Article rédigé par Céline.
Date de publication : le 25/06/2026.
Contacts :
+33 3 89 69 10 77
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Tarif plein 8€
Tarif réduit 6€ :
Etudiant / Moins de 25 ans / Groupe +8 personnes / Demandeur d’emploi
Gratuité :
Moins de 18 ans / Enseignant / Presse / Personne à mobilité réduite / Professionnel de musée, galerie, artiste
Entrée libre pendant Art Basel pour les détenteurs du pass VIP
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