Le 07/11/2026
Six jours après le départ de Saint-Malo, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe vit une journée contrastée. Tom Laperche (SVR-Lazartigue), en tête des Ultim, est attendu à Pointe-à-Pitre dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 novembre 2026. Pendant ce temps, une dépression profonde continue de malmener une grande partie des solitaires, entre avaries, épuisement et abandons. Seize concurrents ont déjà quitté la course sur les 115 au départ.
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Route du Rhum : Tom Laperche aux portes de la Guadeloupe pendant que la dépression martyrise la flotte
À moins de 300 milles de l'arrivée, Tom Laperche (SVR-Lazartigue) était samedi 7 novembre en passe de remporter la première ligne d'honneur de cette édition en Ultim. Une traversée impressionnante depuis Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, menée à vive allure mais qui n'autorisait aucun relâchement jusqu'au bout. Privé des alizés habituels, le jeune skipper morbihannais devait composer avec un vent de sud-ouest quasiment de face, en longeant Montserrat et Antigua avant d'aborder la Tête à l'Anglais et la dernière portion vers Pointe-à-Pitre.
À bord de son trimaran de 32 mètres, Laperche décrivait des conditions exigeantes jusqu'à l'arrivée : des grains à 30 nœuds entrecoupés de creux à 15 ou 20, des engins de pêche mal signalés, et une nécessité absolue d'arriver lucide. « Sur ces grands bateaux, quand on est crevé, on commet vite des erreurs et ça coûte ensuite le double d'énergie », confiait-il depuis son bord. Pour tenir, il avait anticipé ses heures de repos avant la phase finale.
En IMOCA, Corentin Horeau (MACSF) maintenait une avance confortable de quelque 265 milles sur son premier poursuivant depuis trois jours, malgré un réveil agité : son panneau de descente s'est arraché, inondant la soute à voiles et l'obligeant à deux heures de pompage. « Ça fait partie du jeu, une emmerde par jour ! », commentait-il avec un flegme relatif. Derrière lui, Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance) et Boris Herrmann (Malizia 4) complétaient le podium provisoire de la catégorie. Pour suivre l'ensemble des positions en temps réel, retrouvez tous les détails sur la Route du Rhum 2026 et son plateau exceptionnel.
La dépression creusée à 900 hPa au niveau des Açores continuait samedi de dicter sa loi à une majorité de concurrents. En Class40, Guillaume Pirouelle (Sogestran – Seafrigo) et Achille Nebout (Amarris) se disputaient les avant-postes dans des conditions épuisantes : 40 à 45 nœuds établis, mer formée, impossibilité de dormir plus de quelques minutes. « Je suis au bout du rouleau. Je suis très content de ma course, mais je sais aussi qu'une vague prise trop violemment peut tout arrêter », témoignait Pirouelle. Derrière eux, le groupe nord emmené par Luca Rosetti (Maccaferri Futura) avait tenté de traverser le centre du système : bilan, seulement 25 milles en dix heures, contre une centaine pour les leaders passés au sud.
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En Rhum Mono, Titouan Pilliard (Use It Again for Youth) vivait une situation particulièrement critique. Après avoir colmaté une voie d'eau au terme de longues heures de travail avec son équipe à terre, il se retrouvait privé d'électronique, d'instruments de navigation et de pilote automatique, l'eau embarquée ayant tout endommagé. Un handicap sévère pour le benjamin de la course, qui devait encore parcourir une bonne partie de l'Atlantique dans ces conditions. Par ailleurs, la blessure de Jérémie Beyou (Charal), contraint à l'abandon mardi, s'est révélée sérieuse : des examens réalisés vendredi aux Açores ont confirmé un traumatisme crânien, plusieurs fractures vertébrales et costales. Son rapatriement en France était prévu ce week-end.
En Ocean Fifty, le Malouin Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires En Peloton by Delanchy) résumait l'ambiance générale en quatre mots : « Le rodéo n'en finit pas. » Une formule qui décrivait aussi bien le duel serré qu'il livrait avec Pierre Quiroga (Wewise), Léonard Legrand (Sodebo Fifty) et Baptiste Hulin (Viabilis Oceans), que l'état d'esprit général de la flotte. Car si Basile Bourgnon (Edenred) maintenait une avance d'une centaine de milles en tête de la catégorie, les places derrière lui se jouaient à quelques milles près, dans une météo qui rendait tout pronostic hasardeux. Dimanche, une dorsale anticyclonique menaçait par ailleurs de priver certains concurrents de vent, après des jours de trop-plein. Cette grande transatlantique en solitaire entre Saint-Malo et la Guadeloupe confirmait une nouvelle fois sa réputation de course imprévisible jusqu'au dernier mille.
Article rédigé par Lionel
Date de publication : le 07/11/2026.
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