Depuis Wintzenheim, le député Hubert Ott a adressé le 2 octobre 2026 une lettre officielle à la ministre de l'Agriculture Annie Geneward pour alerter sur l'insuffisance des aides à destination des exploitations du Haut-Rhin frappées par la sécheresse, la canicule et les incendies de l'été 2026. Face à des pertes estimées à 280 millions d'euros pour l'agriculture alsacienne, le parlementaire demande des ajustements urgents sur plusieurs dispositifs.
La sécheresse et les épisodes de canicule de l'été 2026 ont durement frappé les exploitations agricoles d'Alsace. Selon les estimations relayées par Hubert Ott, commissaire au développement durable et à l'aménagement du territoire à l'Assemblée nationale, les pertes économiques prévisionnelles pour l'agriculture alsacienne atteindraient 280 millions d'euros sur l'année. Un chiffre qui contraste fortement avec les moyens effectivement mobilisés au niveau local, soulevant de vives inquiétudes parmi les agriculteurs du territoire et les organisations professionnelles alsaciennes.
DR
Sécheresse 2026 : le député du Haut-Rhin interpelle la ministre de l'Agriculture sur les aides aux agriculteurs alsaciens
Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé un plan d'aide national de plus d'un milliard d'euros pour soutenir les exploitants touchés par les aléas climatiques de l'été. Si le député salue cette mobilisation nationale, il pointe des écarts préoccupants entre l'ambition affichée et la réalité des montants distribués sur le terrain. En Alsace, région particulièrement exposée à la diversité des situations agricoles, les retours d'outils de diagnostic locaux font état d'un niveau préoccupant de cessations anticipées et de besoins de trésorerie non couverts par les dispositifs actuels.
L'enveloppe CASI attribuée au Haut-Rhin lors de la première répartition, représentant 75 % de l'enveloppe, s'élève à seulement 780 000 euros, pour un peu moins de 150 exploitations bénéficiaires potentielles, soit environ 4 000 euros par exploitation en moyenne. Un montant que le député juge clairement inadapté à l'ampleur des pertes subies, en particulier pour les élevages de montagne soumis à des contraintes territoriales spécifiques.
Parmi les dispositifs mis en cause figure l'indemnisation de solidarité nationale (ISN) sur la pousse de l'herbe. Le déficit estimé à 305 000 tonnes de matière sèche illustre l'ampleur des dégâts sur les prairies alsaciennes. Or, la période de référence retenue pour le calcul des pertes s'étend du 1er mars au 31 octobre, avec des visites de terrain à réaliser ensuite et des versements envisageables au mieux à partir de mars de l'année suivante. Un calendrier jugé beaucoup trop tardif au regard des besoins immédiats de trésorerie des exploitants, d'autant que la grande majorité d'entre eux ne sont pas assurés pour leurs prairies.
Les critères d'accès à certaines aides soulèvent également des difficultés concrètes. Pour les élevages de montagne, les seuils fixés, à savoir un minimum de 25 % de pertes de production et une surface d'au moins 40 hectares de prairies, sont considérés comme trop restrictifs pour des structures souvent petites et contraintes géographiquement. Ces conditions excluent de fait une partie significative des exploitations les plus fragiles, précisément celles qui auraient le plus besoin d'un soutien rapide.
Sur le volet des cotisations sociales, le décalage entre les besoins et les moyens disponibles est également frappant. L'enveloppe exceptionnelle nationale annoncée pour la prise en charge par la Mutualité sociale agricole (MSA) est d'environ 20 millions d'euros, alors que les besoins remontés par l'ensemble des caisses MSA sont estimés à 150 millions d'euros à l'échelle nationale. Pour la seule MSA Alsace, les besoins identifiés s'élèvent à près de 6 millions d'euros, un montant qui dépasse à lui seul la logique de l'enveloppe de référence en année ordinaire, pourtant fixée à environ 30 millions d'euros au niveau national.
Dans sa lettre adressée à Annie Geneward, Hubert Ott formule plusieurs demandes concrètes pour adapter les aides à la réalité du terrain alsacien. Il appelle notamment à :
Au-delà de l'urgence immédiate, le député souligne la nécessité d'une approche structurelle face à des aléas climatiques appelés à se répéter. La situation des agriculteurs du Haut-Rhin illustre, selon lui, un besoin de révision plus profonde des outils de soutien public à l'agriculture, pour qu'ils soient réellement adaptés aux réalités locales et aux contraintes des territoires comme l'Alsace.
Article rédigé par Julie
Date de publication : le 02/10/2026.
Recevez les meilleures idées sorties par notification web !
Aucun email requis.
Autoriser les notifications pour continuer.
Recevez les meilleures idées sorties par notification web !
Aucun email requis.
Une seconde fenĂŞtre va s'ouvrir vous invitant Ă autoriser les notifications