Vacances d'Ă©tĂ© : pourquoi 69% des ados français mentent Ă  leurs amis pour cacher les inĂ©galitĂ©s sociales

Une étude menée par le Teenage Lab by Pixpay, publiée le 2 juillet 2026 à Paris, révèle que près de deux adolescents sur trois enjolivent le récit de leurs vacances d'été pour paraître plus heureux qu'ils ne l'ont réellement été. Menée auprès de 2 188 jeunes de 8 à 18 ans et de 676 parents en France, cette enquête met en lumière les inégalités qui pèsent sur le quotidien estival des familles et la pression sociale grandissante liée aux réseaux sociaux.

Vacances d'Ă©tĂ© : les adolescents en France mentent pour masquer les inĂ©galitĂ©s sociales DR Vacances d'Ă©tĂ© : les adolescents en France mentent pour masquer les inĂ©galitĂ©s sociales

Quand les vacances d'été deviennent un terrain d'inégalités entre ados français

Partout en France, l'été ne rime pas avec les mêmes réalités pour tous les foyers. Selon l'étude menée par Discurv pour Pixpay, 15 % des adolescents ne partiront pas en vacances cette année, tandis que 46 % des enfants de parents issus de catégories socio-professionnelles favorisées s'absenteront plusieurs semaines, contre seulement 32 % chez les foyers aux revenus plus modestes. Cet écart, déjà perceptible d'une région à l'autre, se retrouve jusque dans les échanges entre camarades de classe à la rentrée.

Ces disparités touchent aussi le quotidien immédiat des jeunes vacanciers. Une glace refusée, une sortie annulée entre amis, une activité repoussée faute de budget : 73 % des adolescents déclarent avoir déjà renoncé à de petits plaisirs pour des raisons financières pendant leurs congés. Un sentiment renforcé par la comparaison permanente avec l'entourage, puisque 39 % des jeunes interrogés estiment avoir moins d'argent de poche que leurs amis durant cette période.

Ce contexte explique en partie pourquoi les mensonges sur les vacances des ados sont devenus une pratique si répandue en France. Loin d'être anecdotique, ce phénomène traduit une véritable difficulté à assumer, devant ses pairs, une réalité économique jugée moins reluisante que celle affichée par d'autres.

Réseaux sociaux et pression familiale : les ressorts d'un été sous tension

Les plateformes comme TikTok et Instagram jouent un rôle central dans cette dynamique de comparaison permanente. 53 % des adolescents ont déjà ressenti de la jalousie en découvrant les vacances de leurs pairs sur ces réseaux, un chiffre qui explique en grande partie le recours au mensonge : 69 % des jeunes interrogés admettent avoir déjà enjolivé le récit de leurs congés auprès de leurs amis, avec une différence notable entre les sexes puisque ce taux atteint 74 % chez les garçons contre 65 % chez les filles.

La peur du jugement social pèse également lourd dans la balance. Près de 28 % des ados redoutent d'être jugés à la rentrée scolaire à cause de leurs vacances, tandis que 21 % se sont déjà sentis dévalorisés en comparant leur expérience à celle de leur entourage. Du côté des parents, cette pression n'épargne personne : 40 % d'entre eux confient avoir ressenti une pression sociale autour de la notion de "vacances réussies", un poids qui s'ajoute aux difficultés budgétaires déjà présentes.

La culpabilité parentale constitue d'ailleurs l'un des enseignements les plus marquants de cette étude. 57 % des parents se disent coupables de ne pas pouvoir offrir de meilleures vacances à leurs enfants, un sentiment qui grimpe à 64 % chez les foyers aux revenus modestes contre 38 % chez les plus aisés. Pour Caroline Ménager, CEO de Pixpay, ces inégalités « ne se résument pas aux grandes dépenses : elles se jouent aussi dans les petits choix du quotidien ». Elle ajoute que l'éducation financière représente, selon elle, un véritable levier d'égalité des chances pour les jeunes générations.

Article rédigé par Emilie.
Date de publication : le 02/07/2026.

Dans la mĂŞme rubrique


Newsletter JDS

Recevez aujourd'hui votre dose hebdomadaire. Bons plans, sorties, événements : la sélection de la rédaction JDS, chaque jeudi.


Publicité