Les 7 plus beaux passages, impasses et ruelles secrètes de Bordeaux

Bordeaux

Bordeaux, c'est bien sûr ses quais classés, ses façades XVIIIe et son Grand Théâtre. Mais la ville réserve aussi, à quelques pas des grandes artères, un réseau de ruelles, d'impasses et de passages que l'on frôle sans toujours s'y aventurer. Vestiges médiévaux, galeries couvertes du XIXe siècle, venelles aux dimensions oubliées : ces voies discrètes racontent une autre histoire de Bordeaux, plus intime et souvent plus surprenante. De l'impasse Rue-Neuve et ses fenêtres gothiques du XIVe siècle au passage Sarget et sa verrière lumineuse, en passant par la rue du Muguet qui semble avoir échappé au temps, chacun de ces endroits mérite que l'on s'y arrête. Voici sept adresses à glisser dans sa prochaine balade bordelaise.

1/ Impasse Rue-Neuve : un fragment médiéval au cœur du vieux Bordeaux

Impasse Rue-Neuve © Image d'illustration

Nichée dans le quartier Saint-Éloi, à quelques pas de l'effervescence du centre historique, l'impasse Rue-Neuve à Bordeaux se remarque à peine depuis la rue. C'est précisément ce qui en fait tout le prix. Cette courte ruelle conserve les traces d'un passé que peu de Bordelais soupçonnent : au numéro 4, les vestiges d'une demeure médiévale attribuée à la famille Soler présentent des éléments gothiques datant du XIVe siècle, avec deux fenêtres aux ouvertures finement sculptées. Au fond de l'impasse, la maison dite « houstau de Carles », ancienne demeure de Jeanne de Lartigue, épouse de Montesquieu, témoigne quant à elle de l'architecture Renaissance, avec ses passages couverts, son escalier à vis et sa façade ornée de bustes. Jeanne de Lartigue y est décédée en 1770. Cette impasse figure dans cette sélection parce qu'elle concentre, en quelques mètres carrés, deux siècles d'histoire architecturale civile rarissime à Bordeaux.

Notre conseil : Prenez le temps d'observer les deux fenêtres gothiques du numéro 4 depuis le fond de l'impasse. Le détail des sculptures mérite qu'on s'y attarde, et la lumière en fin d'après-midi met particulièrement en valeur la pierre.

Impasse Rue-Neuve Bordeaux
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2/ Passage Sarget : une verrière du XIXe siècle et des trésors enfouis sous les pavés

Passage Sarget © Image d'illustration

Construit en 1833 à l'initiative du négociant et armateur Jean-Auguste Sarget, puis ouvert au public en 1878, le passage Sarget à Bordeaux relie le cours de l'Intendance à la place du Chapelet. Il compte parmi les deux seuls passages couverts encore préservés dans la ville, aux côtés de la Galerie Bordelaise. Sa façade principale, organisée en trois niveaux et cinq travées, témoigne de l'élégance architecturale du XIXe siècle, tandis qu'une grande verrière illumine l'intérieur de la galerie. La Bibliothèque de Bordeaux y signale des vitrines anciennes et des éléments Art nouveau. Sous le sol, le passé antique de la ville affleure : des fouilles ont mis au jour des vestiges gallo-romains, dont des restes de bains antiques et une mosaïque. Le passage Sarget a retenu l'attention pour cette superposition exceptionnelle entre patrimoine visible et patrimoine archéologique, le tout animé par des commerces et restaurants encore actifs.

Notre conseil : Levez les yeux en entrant dans la galerie : la verrière du XIXe siècle, souvent ignorée par les habitués, mérite vraiment un regard. Et si vous avez un peu de temps, la place du Chapelet et l'église Notre-Dame, accessibles directement depuis le passage, prolongent agréablement la promenade.

Passage Sarget Bordeaux
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3/ Rue du Chai des Farines : sur les pavés du Bordeaux négociant

Rue du Chai des Farines © Image d'illustration

À deux pas de la porte Cailhau et des quais de la Garonne, la rue du Chai des Farines à Bordeaux plonge directement dans l'histoire marchande de la ville. Son nom rappelle les chais et entrepôts qui stockaient autrefois les marchandises dans ce quartier portuaire. Si les fonctions commerciales ont évolué, les façades racontent encore ce passé : au numéro 7, une demeure construite en 1807 pour le négociant Jean-Jacques Bosc, conçue par l'architecte Jean-Baptiste Thiac, réunissait résidence, bureaux et entrepôt sous un même toit. L'édifice est aujourd'hui inscrit au titre des monuments historiques. Le numéro 29, vaste immeuble du XVIIIe siècle, bénéficie de la même protection. Cette rue s'impose dans cette sélection parce qu'elle illustre mieux que bien d'autres l'organisation des grandes maisons de négoce qui ont fait la richesse de Bordeaux, sans pour autant figurer sur les circuits touristiques habituels.

Notre conseil : Associez cette promenade à une visite de la porte Cailhau, à quelques pas de là. Entre le monument et les façades de la rue, vous aurez une lecture cohérente et saisissante du Bordeaux médiéval et marchand en moins d'une heure.

Rue du Chai des Farines Bordeaux
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4/ Impasse du Passage Saint-Georges : deux millénaires d'histoire sous les pieds

Impasse du Passage Saint-Georges © Image d'illustration

À quelques pas de la place du Parlement, dans le quartier Saint-Pierre, l'impasse du Passage Saint-Georges à Bordeaux se fait si discrète qu'on la dépasse sans la remarquer. Pourtant, le sol sur lequel on marche ici recouvre un axe antique de Burdigala : des recherches archéologiques ont révélé un égout antique ainsi que des mosaïques polychromes romaines. Au Moyen Âge, ce secteur correspondait à l'ancien tracé de la rua d'Arnault Jean Fustey, qui reliait le port antique de la Devèze à l'actuelle place Fernand-Lafargue, franchissant la première enceinte de la ville par la porte Bégueyre. À l'angle de l'impasse et de la rue du Pas Saint-Georges, le numéro 74 ajoute une dernière curiosité : la clé de son arcade porte la date de 1582, les initiales « LB » et des motifs liés aux métiers de bouche. Cette impasse illustre parfaitement la densité historique du vieux Bordeaux, où chaque voie recèle des strates que les siècles n'ont pas effacées.

Notre conseil : Ne vous contentez pas de jeter un coup d'œil depuis la rue : entrez dans l'impasse et observez l'arcade du numéro 74 de près. La date de 1582 et les motifs sculptés constituent un témoignage rare et souvent ignoré, même des Bordelais de longue date.

Impasse du Passage Saint-Georges Bordeaux
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5/ Rue de la Coquille : une venelle médiévale sur les traces des pèlerins

Rue de la Coquille © Image d'illustration

Dans le centre historique de Bordeaux, la rue de la Coquille à Bordeaux compte parmi ces endroits qui font l'effet d'un glissement dans le temps. Particulièrement étroite, elle conserve la morphologie des anciennes venelles médiévales bordelaises, autrefois appelées carreyrou. Ses façades rapprochées et son atmosphère singulière en font d'ailleurs un lieu de tournage régulier, prisé pour son décor d'une autre époque. Son nom n'est pas anodin : il renvoie au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Bordeaux constituait une étape majeure sur la Via Turonensis, l'un des grands itinéraires jacquaires, et des coquilles Saint-Jacques en bronze jalonnent encore certains parcours du centre historique. La cathédrale Saint-André, la basilique Saint-Seurin et la basilique Saint-Michel, inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Compostelle, complètent ce patrimoine à portée de main. La rue de la Coquille s'impose ici pour son charme visuel intact et le récit qu'elle porte, entre vie médiévale et spiritualité itinérante.

Notre conseil : Pour prolonger l'expérience jacquaire, repérez les coquilles Saint-Jacques en bronze incrustées dans les trottoirs du centre historique. Elles tracent un itinéraire qui relie plusieurs monuments emblématiques et offre une balade thématique cohérente autour de la rue de la Coquille.

Rue de la Coquille Bordeaux
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6/ Impasse Fauré : sur les pas du jeune Montaigne, dans une ruelle presque inchangée

Impasse Fauré © Image d'illustration

À l'écart du flux touristique du centre historique, l'impasse Fauré à Bordeaux tient lieu de curiosité discrète et de document vivant. Son tracé est attesté dès le XIVe siècle, sous le nom de rue de Sarlat ou de Jehan-Lopaïs. Elle prend ensuite le nom de rue Montaigne, car la maison familiale des Eyquem se trouvait à l'angle de la rue de la Rousselle et de cette voie : le futur auteur des Essais y passa une partie de sa jeunesse, et plusieurs vestiges de la demeure subsistent encore. En 1874, la voie prend le nom de rue Fauré, en hommage au pharmacien et hygiéniste bordelais Élie Faure. Ce qui rend l'endroit particulièrement attachant, c'est la comparaison possible avec une aquarelle réalisée par Edmond Fontan en 1896 : malgré les transformations du quartier, la physionomie générale de l'impasse a remarquablement peu évolué. Cette impasse mérite sa place ici pour ce double intérêt, patrimonial et littéraire, que peu de ruelles bordelaises réunissent.

Notre conseil : Avant de vous y rendre, faites une rapide recherche sur l'aquarelle d'Edmond Fontan (1896) représentant l'impasse. Comparer le dessin à la réalité du lieu est un exercice aussi simple que saisissant, et donne une idée concrète de ce que signifie « patrimoine préservé ».

Impasse Fauré Bordeaux
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7/ Rue du Muguet : une venelle pittoresque qui semble avoir échappé au temps

Rue du Muguet © Image d'illustration

Étroite, pavée, bordée de façades anciennes : la rue du Muguet à Bordeaux fait partie de ces petites voies qui résistent tranquillement au passage du temps. Une aquarelle d'Edmond Fontan réalisée en 1898 permet de le vérifier : son aspect général a peu changé. En la parcourant, on perçoit encore la logique de l'urbanisme médiéval bordelais, avec son caniveau central prévu pour l'écoulement des eaux et ses façades si proches qu'elles semblent se toucher. L'expression « tenir le haut du pavé » trouverait là une illustration concrète : les parties les plus sèches de la chaussée étaient réservées aux plus aisés. L'origine du nom de la rue reste incertaine, peut-être liée aux jardins du secteur au XIVe siècle, et la voie apparaît dans les documents anciens sous plusieurs appellations : « Moustet », « Mousquit » ou encore « Mostet ». Entre 1780 et 1793, elle accueillait un temple protestant. La rue du Muguet clôt cette sélection en beauté, comme un concentré de tout ce qui fait le charme du vieux Bordeaux : mystère, authenticité et sentiment précieux d'un ailleurs à portée de main.

Notre conseil : La rue du Muguet se visite idéalement en matinée, quand la lumière rasante accentue le relief des façades et que la ruelle est encore calme. Un appareil photo, ou simplement un moment d'observation, suffit à saisir tout ce que cette venelle a à raconter.

Rue du Muguet Bordeaux
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Renseignements

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