À Mulhouse, Super.chéri redonne vie à un immeuble abandonné de la Fonderie

Sophie Erhart et Charlotte Nass ont ouvert Super.chéri en février 2026, rue Kléber à Mulhouse, dans un ancien bar laissé à l'abandon. Derrière cette nouvelle adresse se cache la rénovation complète d'un immeuble vacant : 14 mois de travaux, une remise à zéro quasi totale du bâtiment et un pari sur le quartier Fonderie, où plusieurs locaux changent aujourd'hui d'usage.

Super.chĂ©ri s'est installĂ© rue KlĂ©ber © M.B. Super.chĂ©ri s'est installĂ© rue KlĂ©ber

Au départ, les deux gérantes cherchent simplement un second local. En passant devant ce bâtiment sans activité, elles repèrent un ancien bar fermé, surplombé par des étages vides. « Il n'y avait plus de vie dedans », résument-elles. Ce qui les intéresse, c'est l'emplacement : un angle, une place, la proximité du canal et un potentiel de terrasse. « On s'imaginait déjà une terrasse au milieu », racontent les deux femmes, alors même que les aménagements extérieurs ne sont pas encore réalisés.

En se renseignant, elles découvrent que tout l'immeuble est à vendre. Le projet change alors d'échelle. « Au début, on s'intéressait uniquement au local », expliquent-elles. Mais ici, impossible de dissocier le commerce du reste : l'état du bâtiment impose une reprise globale. Le projet s'organise donc autour de deux volets, avec un café-restaurant en rez-de-chaussée et des logements entièrement repensés dans les étages, adaptés à de nouveaux usages.

Tout reprendre ou presque

Sur place, le chantier s'annonce rapidement plus lourd que prévu. Le bâtiment est vétuste, avec des aménagements successifs et des désordres structurels. « On savait qu'il fallait faire des reprises de structure », expliquent Sophie Erhart et Charlotte Nass. La démolition est conséquente : anciens appartements à vider, cloisons à abattre, planchers à reprendre, réseaux à refaire.

Au terme des travaux, seuls les murs extérieurs et le toit sont conservés. Dans les étages, les petits logements disparaissent au profit d'appartements plus grands. En rez-de-chaussée, le local est entièrement reconfiguré pour accueillir une activité de restauration, avec ses contraintes propres : extraction, accessibilité, circulation. « On est reparti d'une feuille blanche », résument-elles.

Un pari sur le quartier Fonderie de Mulhouse

La phase de démolition prend plus de temps que prévu. « On avait prévu un mois, elle en a pris presque trois », indiquent les gérantes. Au total, les travaux s'étalent sur quatorze mois. Pour tenir le budget, elles suivent le chantier de près, arbitrent au fur et à mesure et ajustent les choix techniques en fonction des contraintes rencontrées. « On n'est pas des investisseuses classiques », rappellent-elles. Le projet doit trouver son équilibre entre activité commerciale et logements.

Le choix de la Fonderie s'inscrit dans cette logique. Le quartier mêle entreprises, logements et flux de passage, avec encore plusieurs locaux vacants à reprendre. « C'est une croisée de mondes. » La remise en activité ne s'est pas jouée uniquement à l'échelle du local, mais bien à celle du bâtiment tout entier.

  • Super.chĂ©ri s'est installĂ© rue KlĂ©ber © M.B.
  • Charlotte Nass et Sophie Erhart, co-gĂ©rantes de Super.ChĂ©ri © M.B.
  • La façade l'immeuble avant les travaux © DR
  • L'arrière de l'immeuble après les travaux © Jean-Marc Henni
  • L'arrière de l'immeuble pendant les travaux © DR

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