Le 24/05/2013
15/18€
Le métal de Sons of Invidia s’écarte du droit chemin. Pour preuve, les deux membres du groupe que nous avons rencontré ont deux passions que l’on ne soupçonnerait pas. Jon Renoir, le chanteur, joue du didgeridoo depuis 15 ans et souffle d’ailleurs quelques notes sur le premier album du groupe Brain Damage Game sorti en 2011. Olivier Lagarde, le batteur, fait du chant lyrique depuis 3 ans, et assure que métal et musique classique vont très bien ensemble. « Sur la musique de Vivaldi, on a les même gammes et descente harmoniques. On a rajouté des guitares électriques, des batteries, et ça a donné du heavy metal. »
Pour enfoncer le clou, Nicolas Renoir, guitariste qui apporte la base des compositions, est aussi pianiste à ses heures perdues et passionné par les samples électroniques des débuts, quand le numérique n’existait pas encore : « On a toujours essayé de les intégrer, mais plus ça va, plus ça prend de l’importance et plus on les exploite de mieux en mieux. Cela correspond aussi à une mouvance du métal avec des samples électro, qui remplace le synthétiseur des groupes de métal symphoniques des années 90. On veut faire du métal moderne, la somme de tout ce qu’il y avait, de ce qu’il y a et de ce qu’il y aura. Etre pêchu et harmonieux, sans être kitsch», explique Jon.
Résultat : le groupe mélange les influences de chacun, qui va de l’indus au heavy, en passant par le trash, dans un métal qui ne renonce ni à la ligne mélodique ni à la décharge brute. Jon a lui-même évolué au niveau du chant : « Je régule un peu mieux ma voix, parce que j’ai compris qu’un chant plus calme pouvait donner une grosse claque. Avec ma voix médium, je fais un mix entre le growl et le chant pêchu.» Le groupe, arrivé à maturité, tente aussi de nouvelles expériences comme un cycle de concept song entamé sur les quatre dernière chansons de leur précédent album, ou encore le clip Mermaid, sorti en septembre dernier et réalisé en bonne partie sous l’eau « avec trois bouts de ficelle » mais totalement bluffant.
Mais voilà, la diversité ne plaît pas toujours. Si des chroniqueurs de musique métal de divers webzines trouvent la formule séduisante et les atmosphères variées, le groupe, difficilement classable, a du mal à s’inviter dans un plateau hardcore ou metalcore. « Le public métal est un peu difficile. Il y a un vrai impact marketing aujourd’hui de dire qu’on fait du metalcore parce que ça va ramener un public jeune, parce que c’est à la mode. Nous, on écoute tous types de musique et c’est dommage que certains restent fermés sur un genre », commente Jon. « Notre musique est peut-être trop compliquée pour simplement venir se défouler. Les gens auraient peut-être plus envie de l’écouter, parce que c’est techniquement plus recherché que du hardcore ou du grunge… », poursuit Olivier. Le groupe compte donc sur leur première partie au concert de Dagoba le 24 mai pour mettre un coup de projecteur sur l'originalité de leur musique : « Ça va être quelque chose de beau à vivre. On a de la chance parce que c’est un groupe qui a une influence pour tous les membres du groupe, et c’est l’un des groupes qui colle le plus à ce que l’on fait », rapporte Olivier.
Article rédigé par Julie.
Date de publication : le 20/04/2013.
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