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Les Fourberies de Scapin : Lionel Lingelser, un Mulhousien sur la scène de La Filature

Du 05/05/2010 au 07/05/2010

La Filature | Mulhouse

5,50/8/20/25€

Fraîchement sorti du Conservatoire de Paris, le comédien mulhousien Lionel Lingelser entre directement dans la cour des grands, en rejoignant la troupe du metteur en scène de renommée internationale Omar Porras. Il interprète le rôle-titre dans Les Fourberies de Scapin, de passage ce mois à La Filature. Portrait d’un jeune artiste bouillonnant d’envies et amoureux fou du théâtre.


« Je voulais être pilote de ligne... et puis j’ai trouvé une autre façon de voler », sourit Lionel Lingelser. A 26 ans, le jeune homme a déjà mis le cap sur les étoiles, celles du théâtre et du cinéma.
Après avoir goûté à l’art dramatique au collège de Zillisheim puis au lycée Schweitzer de Mulhouse, il décide à 18 ans, bac en poche, de « monter à Paris » pour tenter sa chance. Ou plutôt pour partir à la rencontre de son destin. Car il ne doute pas un instant que sa place est là, quelque part sur les planches. « Il faut du talent, c’est sûr, mais aussi une foi énorme et un immense amour pour ce métier », assure-t-il.

Théâtre de masques

Ainsi porté, Lionel Lingelser intègre la Classe Libre de l’école Florent, où il fait ses gammes pendant deux ans, avant d’être reçu au Conservatoire de Paris, la plus prestigieuse école d’art dramatique en France. C’est au cours de sa troisième et dernière année de formation au Conservatoire qu’il découvre, lors d’un stage, le théâtre de masques. « J’ai su que j’avais trouvé là une vérité, raconte-t-il. Le masque est un révélateur, il nous met à nu, il supprime la pudeur. Dès que j’enfile le masque, Lionel n’existe plus, mais je redeviens l’enfant qui est en moi. Il apporte un côté mystérieux aussi : on ne sait pas qui se cache derrière, il n’y a plus que les yeux qui parlent. »

«Le plus beau jour de ma vie !»

Alors, quand Lionel Lingelser apprend qu’Omar Porras, le metteur en scène suisso-colombien spécialiste du théâtre de masques, recherche de jeunes acteurs pour monter Les Fourberies de Scapin de Molière, il se présente au casting, avec ses deux meilleurs amis. «J’ai passé une audition royale, en état de grâce. Et on a été pris tous les trois, c’était le plus beau jour de ma vie !», se souvient le comédien.

Connu pour ses méthodes de travail peu communes, Omar Porras demande à ses comédiens d’apprendre tous les rôles de la pièce et de lui proposer eux-mêmes des choses. «Il a ouvert ses malles remplies de costumes et de masques et il nous a dit : "Vous êtes des enfants dans votre salle de jeu, maintenant faites-moi rêver". Avec Omar Porras, il faut être extrêmement créatif. Il nous donne la parole, il faut oser la prendre», explique Lionel Lingelser.

Scapin avec l’accent alsacien

Et c’est grâce à sa touche d’insolence que notre Mulhousien, après avoir commencé à travailler le rôle d’Argante, se retrouve finalement dans la peau de Scapin. «J’ai essayé de créer un personnage qui existe vraiment, qu’on pourrait croiser dans la rue. Omar Porras pousse les acteurs à puiser dans leurs racines, à travailler sur leurs ancêtres, à retrouver d’où ils viennent, pour donner aux personnages un passé, une humanité, un bagage ancestral. Pendant un moment, Scapin avait l’accent alsacien ! Et puis l’accent a disparu mais il en reste quelque chose qui nourrit le personnage.»

Une nouvelle compagnie à Mulhouse

Après la création à Genève, puis une tournée au Japon, Les Fourberies de Scapin parcourent la France entière et s’arrêtent début mai à La Filature, scène fidèle à Omar Porras (on se souvient de Maître Puntilla et son valet Matti, de Brecht, programmé la saison dernière).

Un retour aux sources qui réjouit Lionel Lingelser, très attaché à sa région natale. A tel point que ce Parisien d’adoption vient de créer sa propre compagnie à Mulhouse. Les projets sont encore un peu flous – même s’ils foisonnent –, mais l’envie vibrante de faire voyager le théâtre dans des lieux où il ne va jamais guide ce jeune artiste solaire et généreux. «Comme Molière, qui transportait ses tréteaux de ville en ville...»

Pour l’heure, après la tournée avec Omar Porras, Lionel envisage de se consacrer davantage au cinéma (il a déjà joué en 2008 dans 15 ans et demi, aux côtés de Daniel Auteuil). Rendez-vous bientôt sur grand écran !

 

Les Fourberies de Scapin à La Filature

Article rédigé par Julie.
Date de publication : le 14/04/2010.

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