Des courgettes, des potimarrons, des choux ou encore des poireaux cultivés... entre des bâtiments d'entreprises. À Rezé et Vertou, deux terrains professionnels inutilisés ont été transformés en véritables potagers solidaires, dont l'intégralité des récoltes est destinée à la Banque alimentaire de Loire-Atlantique.
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Près de Nantes, des terrains d'entreprises deviennent des potagers pour produire 1,4 tonne de légumes solidaires
L'expérimentation, baptisée « Entreprises nourricières », a démarré au printemps 2026. Les premières récoltes sont déjà arrivées dans les paniers avec un objectif ambitieux à terme : produire environ 1,4 tonne de légumes par an et multiplier progressivement les parcelles dans la métropole nantaise.
Pour lancer l'expérimentation, deux entreprises du sud de l'agglomération ont accepté de céder une petite partie de leur terrain.
La première est Nature et Aliments à Rezé, une entreprise familiale spécialisée dans la fabrication de produits alimentaires. La seconde, Tallineau Emballage à Vertou, travaille dans la conception et la fabrication d'emballages en carton.
Chacune met gratuitement à disposition une parcelle de 200 m² ainsi que l'eau nécessaire aux cultures. Au total, 400 m² de terrains d'entreprises ont donc changé de fonction pour accueillir les premières plantations.
Les entreprises participent également financièrement au dispositif, mais ce ne sont pas leurs salariés qui doivent entretenir les cultures sur leur temps libre.
Les parcelles sont confiées à deux maraîchers professionnels, Yann Lescouarch et Olivier Trocherie. Leur travail est rémunéré, indépendamment du volume de légumes finalement récolté.
C'est l'un des aspects intéressants du dispositif : il ne repose pas seulement sur du bénévolat. Le projet cherche à créer un modèle capable de rémunérer le travail agricole tout en valorisant des terrains peu utilisés.
Les légumes produits sont ensuite récupérés deux fois par semaine par la Banque alimentaire de Loire-Atlantique, avant d'être distribués à différentes associations venant s'y approvisionner.
Et le projet ne se limite déjà plus à quelques plants symboliques installés devant les bureaux.
Malgré un été compliqué pour les cultures, 170 kg de courgettes ont été récoltés lors de cette première saison. Des potimarrons ont également poussé tandis que les parcelles accueillent désormais des choux et des poireaux destinés aux prochaines récoltes.
L'objectif est de privilégier des légumes relativement simples à cultiver, intéressants sur le plan nutritionnel et capables, pour certains, d'être conservés suffisamment longtemps pour faciliter leur distribution.
L'une des premières récoltes a même donné lieu à une petite adaptation logistique.
Pendant les deux semaines de fermeture estivale de la Banque alimentaire, pas question de laisser les légumes se perdre. Les courgettes ont été acheminées vers un atelier de transformation installé au MIN de Nantes, à Rezé.
Elles ont notamment été transformées en gaspachos et en conserves, ensuite distribués aux associations partenaires. Le gaspacho de courgettes aurait rencontré un joli succès auprès des bénéficiaires.
Cet exemple permet aussi de montrer l'un des enjeux du projet : produire des légumes est une chose, mais il faut ensuite pouvoir les collecter, les conserver et les distribuer rapidement.
Chez Nature et Aliments, la présence d'un potager directement sur le site semble également avoir créé une dynamique auprès des salariés.
L'un d'eux a par exemple participé au ramassage de pommes de terre. Un autre s'est chargé de déplacer les cagettes de légumes et de compléter les documents nécessaires à leur récupération par la Banque alimentaire.
Les maraîchers échangent également régulièrement avec les équipes lorsqu'ils viennent travailler sur la parcelle.
L'entreprise prévoit par ailleurs de participer à la collecte nationale de la Banque alimentaire en novembre. Une manière de prolonger l'engagement au-delà des quelques centaines de mètres carrés cultivés devant ses locaux.
L'idée est née d'un constat très simple : autour des immeubles de bureaux, entrepôts ou sites industriels, de nombreuses surfaces végétalisées ou foncières restent peu utilisées.
Dans le même temps, les associations d'aide alimentaire ont besoin de davantage de produits frais et font face à une diminution de certains dons.
Le projet « Entreprises nourricières » cherche donc à rapprocher ces deux réalités : utiliser quelques centaines de mètres carrés disponibles pour produire localement une partie des légumes destinés à l'aide alimentaire.
Le concept a notamment été inspiré par les Paysages nourriciers développés depuis plusieurs années à Nantes, qui utilisent des espaces urbains pour produire fruits, légumes et plantes comestibles.
Le fonctionnement repose sur plusieurs acteurs. Les entreprises fournissent le terrain, l'eau et une partie du financement. Les maraîchers cultivent les parcelles. La Maison des Agricultures et de l'Alimentation Durable coordonne l'expérimentation.
La Banque alimentaire récupère ensuite les productions. Les légumes lui sont vendus par la MAAD au prix de 1 € le kilo, puis proposés à 0,30 € le kilo aux associations qui viennent s'approvisionner auprès d'elle.
Le dispositif permet ainsi de participer au financement de la production tout en conservant un coût très faible pour les associations qui distribuent ensuite les produits.
La question de l'alimentation occupe d'ailleurs une place croissante dans les dispositifs de solidarité locaux, avec notamment plusieurs solutions mises en place à Nantes face à la hausse du coût de la vie, des épiceries sociales aux potagers solidaires.
Après cette première saison expérimentale, les partenaires souhaitent désormais augmenter progressivement la production.
L'objectif annoncé pour les deux premières parcelles est d'atteindre environ 1,4 tonne de légumes bio par an.
Et Rezé et Vertou pourraient n'être que le début. Nantes Métropole prévoit de soutenir l'installation d'un nouveau site chaque année, tandis que la Maison des Agricultures et de l'Alimentation Durable espère trouver d'autres financements pour aller encore plus vite.
Les prochaines parcelles devraient d'abord être recherchées dans le sud de la Loire. Concentrer les sites dans un même secteur permettrait de simplifier les déplacements des maraîchers mais aussi les tournées de ramassage de la Banque alimentaire.
Pour les entreprises participantes, l'expérimentation permet aussi de donner une utilisation très concrète à une partie de leur foncier.
Chez Tallineau Emballage, l'intérêt affiché est notamment de rendre plus visible l'engagement social et environnemental de l'entreprise auprès des salariés : le potager et les maraîchers sont directement présents sur leur lieu de travail.
Les premiers mois serviront désormais à mesurer si le modèle peut être reproduit facilement ailleurs.
Si l'expérience fonctionne, des terrains qui ne servaient jusqu'ici que de pelouses ou d'espaces inutilisés pourraient ainsi devenir de petites surfaces agricoles réparties dans toute la métropole, avec un débouché déjà trouvé pour chaque kilo produit.
Article rédigé par Lionel
Date de publication : le 17/09/2026.
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