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Takicardi, l'exposition de céramiques émaillées d'Héloïse Rival à la Galerie Prima

Jusqu'au 20/06/2026

Galerie Prima, 13 rue Notre-Dame de Nazareth | Paris

La Galerie Prima accueille « Takicardi », la nouvelle exposition d'Héloïse Rival, du 23 mai au 20 juin 2026. Installée au 13 rue Notre-Dame de Nazareth, dans le 3e arrondissement de Paris, cette artiste née en 1990 y présente un ensemble inédit de grands tableaux muraux en céramique émaillée, conçu comme une installation totale à la portée narrative et politique. Le vernissage est prévu le samedi 23 mai, de 15h à 21h.

Takicardi, l'exposition de cĂ©ramiques Ă©maillĂ©es d'HĂ©loĂŻse Rival Ă  la Galerie Prima © DR Takicardi, l'exposition de cĂ©ramiques Ă©maillĂ©es d'HĂ©loĂŻse Rival Ă  la Galerie Prima

Takicardi à la Galerie Prima, dans le Marais : une installation céramique entre conte et émancipation

Pour sa deuxième exposition à la Galerie Prima, Héloïse Rival signe un projet d'une ambition nouvelle. « Takicardi » se déploie comme une installation totale, où une suite de grands tableaux muraux en céramique émaillée s'organise à la manière des scènes d'un conte. Loin d'une présentation classique, l'ensemble adopte une forme presque théâtrale, dans laquelle chaque œuvre occupe une place précise au sein d'une narration pensée de bout en bout. Ceux qui s'intéressent aux expositions d'art contemporain à Paris trouveront dans cette proposition un rendez-vous singulier.

Le fil conducteur de l'exposition s'enracine dans l'imaginaire du film d'animation Le Roi et l'Oiseau de Paul Grimault, sur un scénario de Jacques Prévert. Héloïse Rival en retient la structure symbolique et la portée politique pour développer, autour du personnage de la Bergère, une réflexion sur l'enfermement, l'attente et le désir de liberté. Dans ce récit, la Bergère et le Ramoneur, figures peintes enfermées dans le décor d'un palais dominé par un roi autoritaire, quittent leur cadre pour devenir des êtres agissants. Ce geste constitue le socle symbolique de toute l'exposition. À Paris, dans le département éponyme, ce type de démarche qui articule fiction et critique sociale trouve naturellement un écho dans une scène artistique attentive aux formes de narration contemporaines.

La Bergère ouvre l'exposition comme une page de garde. Figure féminine cloisonnée dans son rôle, enchâssée dans l'architecture du palais, elle incarne l'objet de désir du roi, cette image de la jeune fille vulnérable que l'on retrouve de Manon des Sources aux chansons de Brassens ou dans le conte de la petite fille aux allumettes. Héloïse Rival fait de cette figure récurrente le point de départ d'un récit d'émancipation progressive, où le franchissement du cadre n'a rien de spectaculaire, mais relève d'une lente désobéissance.

Une céramique déployée à grande échelle, entre image et espace

Pour « Takicardi », Héloïse Rival utilise la céramique émaillée à grande échelle pour la première fois dans sa pratique. Matériau vernaculaire traditionnellement associé à l'ornement domestique, il est ici déployé dans des formats monumentaux, composés de fragments assemblés, qui se situent à la lisière de l'image et de l'objet. Cadres, motifs et ornements cessent d'être de simples éléments décoratifs pour structurer l'espace et participer pleinement à la construction de l'image. En assumant cette dimension ornementale, l'artiste déplace les hiérarchies traditionnelles de la représentation.

La forme des cadres joue elle-même un rôle actif dans le propos. Leurs contours chantournés évoquent l'ornementation de l'architecture classique, rappelant la notion de finestra aperta théorisée par Alberti : une fenêtre ouverte sur le monde. Mais chez Héloïse Rival, cette ouverture fonctionne aussi comme un dispositif de fixation, qui assigne une place et organise les corps. Le mur cesse d'être un simple support : des formes se déploient jusqu'au sol, transformant l'espace d'exposition en un dispositif spatial dans lequel le visiteur est invité à circuler.

L'exposition s'inscrit dans une recherche plus vaste menée par l'artiste, où les images se construisent à partir d'un imaginaire nourri de récits et de symboles. Les références y coexistent sans hiérarchie ni autorité, laissant à chacun la possibilité d'y projeter ses propres associations. Le sens ne s'impose pas : il se construit dans l'espace partagé de la rencontre avec les œuvres. « La narration devient le théâtre dans lequel je choisis de faire cohabiter mon travail avec une actualité traversée de tensions. Le conte est pour moi un outil poétique qui me permet d'aborder les conflits de notre époque, un reflet social », confie Héloïse Rival.

Renseignements

Galerie Prima, 13 rue Notre-Dame de Nazareth 75003 Paris

Dates et horaires :

  • du Samedi 23 Mai 2026 au Samedi 20 Juin 2026

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