J’ai commencé sur le tard. Jusqu’à 14 ans, j’ai eu une enfance comme tous les garçons de mon âge. J’ai fait une école privée pendant un an puis je suis entré à la Scala à 15 ans, au Bolchoï à 16 ans. J’avais depuis toujours cette envie d’être danseur, mais je viens d’une petite ville d’Italie, Bolzano, et à l’époque il n’y avait pas grand-chose pour la danse et ce n’était pas évident pour un garçon. Puis j’ai eu le courage de faire des stages de danse pendant un été, on m’a conseillé de faire une école professionnelle, j’ai passé des auditions et j’ai été pris.
© Sandrine Bavard
Ivan Cavallari a quitté l'Australie pour diriger le ballet de l'Opéra national du Rhin
J’ai toujours fait les deux en parallèle. Déjà, à 16 ans, je faisais des petites chorégraphies pour l’école. Mais c'est vrai que pendant une longue période, j’étais concentré sur ma vie de danseur. Au ballet de Stuttgart, j’ai eu la chance de travailler avec tous les plus grands car Marcia Haydée (directrice artistique de l’époque, ndlr) en invitait beaucoup : Forsythe, Kylian, Neumeier…John Cranko et Mac Milan ont sans doute eu la plus grande influence sur moi.
La situation était très différence d’ici. La compagnie avait besoin d’un répertoire, il fallait doubler le nombre de danseurs, et mettre le West Australian Ballet sur une carte, faire parler de la compagnie ailleurs que dans le pays. Surtout, la compagnie n’avait pas de lieu de travail adéquat et l’objectif était de trouver un centre chorégraphique dédié.
J’avais toujours en tête l’idée de faire quelques années en Australie, puis de revenir en Europe. Quand cette chance s’est présentée, je l’ai saisie. Je suis très content d’être en France et à Mulhouse, une ville où il y a de la place pour faire quelque chose. Je souhaite donner à ce ballet une vraie identité mulhousienne, car les gens savent qu’il y a le ballet du Rhin, mais ils ne savent pas forcément que l’on travaille ici à Mulhouse. D’abord, il faut que ça se voit et je sais qu’il y a un projet de rénovation du bâtiment pour créer cette identité. J’aimerais également mieux faire connaître les danseurs au grand public, au travers de répétitions publiques, de partenariats avec l’université, de soirées ouvertes… Les danseurs appartiennent d’abord aux Alsaciens. Il faut que les Mulhousiens soient fiers de leur compagnie.
Même si nous sommes dans une période difficile avec la crise financière, on a besoin de voir cette compagnie danser, danser plus en Alsace et ailleurs. J’aimerais accroître la notoriété de la compagnie dans le monde en organisant une tournée. Je pense aussi que ce serait très beau d’avoir deux programmes avec l’orchestre au lieu d’un seul aujourd’hui. Avoir de la musique jouée en live est très important, ça change complètement l’aspect du spectacle, et c’est aussi une question de prestige. Ce serait normal pour une compagnie de cette taille. Il faut toujours rêver très grand, même si la réalité fait que c’est souvent plus petit.
Il y a quatre chorégraphes qui ont réfléchi au thème de la folie, pas dans le sens de la maison de fou, mais dans un spectre plus large, qui peut-être par exemple la passion pour la danse. On aura notamment la belle musique du Boléro de Ravel dans une vision un peu folle. C’est important pour moi de continuer à présenter des chorégraphies pour rester créatif et approfondir le dialogue avec mes danseurs : je les découvre, ils découvrent une autre façon de travailler. Et peut-être que d’ici 3 ans, je présenterai un travail plus conséquent, un grand ballet.
Article rédigé par Julie.
Date de publication : le 27/10/2012.
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