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Ă€ quoi ressembleront les nouveaux billets en euros ?

Les ponts et les monuments imaginaires qui décorent actuellement nos billets pourraient bientôt laisser leur place à Marie Curie, Ludwig van Beethoven, Léonard de Vinci ou encore à des oiseaux emblématiques des paysages européens. La Banque centrale européenne vient de dévoiler dix projets finalistes pour la prochaine génération de billets en euros.

Marie Curie, Beethoven ou des cigognes : Ă  quoi pourraient ressembler les nouveaux billets en euros ? © www.lemonde.fr Marie Curie, Beethoven ou des cigognes : Ă  quoi pourraient ressembler les nouveaux billets en euros ?

Pour la première refonte complète de leur apparence depuis l’arrivée de la monnaie unique en 2002, deux univers très différents sont encore en compétition : la culture européenne d’un côté, les fleuves et les oiseaux de l’autre. Les Européens sont désormais invités à donner leur avis.

Dix nouveaux designs dévoilés par la BCE

La Banque centrale européenne a présenté, le 23 juillet 2026, les dix propositions retenues à l’issue d’un grand concours organisé dans toute l’Union européenne.

Plus de 1 200 graphistes avaient initialement déposé leur candidature. Vingt-cinq d’entre eux ont ensuite été invités à imaginer une série complète de billets, avant qu’un jury indépendant composé de 21 experts ne sélectionne les dix projets finalistes.

Ces créations sont réparties autour de deux thèmes : « La culture européenne » et « Fleuves et oiseaux ». Cinq séries différentes ont été retenues pour chacun de ces univers.

Marie Curie sur le billet de 20 euros ?

La première piste marquerait un changement important. Alors que les billets actuels représentent principalement des éléments architecturaux fictifs, la nouvelle série pourrait faire apparaître de grandes personnalités ayant marqué l’histoire culturelle, scientifique et intellectuelle de l’Europe.

Chaque coupure serait associée à un personnage :

  • Maria Callas sur le billet de 5 euros
  • Ludwig van Beethoven sur celui de 10 euros
  • Marie Curie sur le billet de 20 euros
  • Miguel de Cervantes sur celui de 50 euros
  • Léonard de Vinci sur le billet de 100 euros
  • Bertha von Suttner sur celui de 200 euros

Les versos représenteraient différents lieux et pratiques liés à la culture européenne : les arts du spectacle, la musique, l’enseignement, les bibliothèques, les musées ou encore les espaces publics.

Pour les Français, le billet de 20 euros serait probablement l’un des plus remarqués. Il pourrait porter le portrait de Marie Curie, physicienne et chimiste deux fois récompensée par un prix Nobel, accompagnée d’un univers consacré à la recherche et à l’éducation.

Beethoven pourrait remplacer les monuments du billet de 10 euros

Le billet rouge de 10 euros pourrait quant à lui être consacré à Ludwig van Beethoven. Le compositeur allemand serait associé à la musique, au chant et à la transmission artistique.

L’objectif de la BCE est de créer des billets dans lesquels les Européens puissent davantage se reconnaître. Les personnages choisis viennent de plusieurs pays et représentent des disciplines très différentes, de la littérature aux sciences en passant par la peinture, la musique et le combat pour la paix.

Les cinq projets consacrés à la culture utilisent les mêmes personnalités, mais proposent des styles graphiques très différents. Certains privilégient des portraits réalistes, tandis que d’autres misent sur des collages, des illustrations dessinées à la main ou des compositions beaucoup plus contemporaines.

Des cigognes, des martins-pêcheurs et des paysages naturels

La seconde piste ne comporte aucun personnage historique. Elle met en avant les paysages naturels de l’Europe, le parcours des fleuves et plusieurs espèces d’oiseaux.

Le billet de 5 euros pourrait représenter le tichodrome échelette, un petit oiseau vivant notamment dans les zones rocheuses et montagneuses. Le billet de 10 euros serait associé au martin-pêcheur, tandis que le billet de 20 euros pourrait accueillir le guêpier d’Europe.

La cigogne blanche apparaîtrait sur le billet de 50 euros. Les coupures de 100 et 200 euros mettraient respectivement en avant l’avocette élégante et le fou de Bassan.

À travers cette série, les paysages évolueraient progressivement depuis les sources situées en montagne jusqu’à l’océan. Les oiseaux et les fleuves ont été choisis parce qu’ils ne connaissent pas les frontières et qu’ils peuvent symboliser à la fois la liberté, l’unité européenne et la connexion avec la nature.

Les institutions européennes pourraient aussi apparaître

Sur plusieurs projets consacrés aux fleuves et aux oiseaux, le verso des billets évoque également les grandes institutions de l’Union européenne.

Le Parlement européen, la Commission européenne, la Banque centrale européenne, la Cour de justice de l’Union européenne, le Conseil européen et la Cour des comptes pourraient ainsi être associés aux différentes coupures.

Les graphistes ne se sont toutefois pas contentés de reproduire des bâtiments administratifs. Certaines propositions utilisent des gestes, des mains ou des formes abstraites pour illustrer la coopération, le dialogue et le fonctionnement collectif de l’Europe.

Les Européens peuvent donner leur avis

Aucun de ces billets n’est encore définitivement retenu. La BCE a ouvert une consultation publique en ligne permettant aux Européens de découvrir les dix séries finalistes et d’indiquer celles qu’ils préfèrent.

Cette enquête est accessible jusqu’au 21 septembre 2026. Une seconde étude est menée en parallèle auprès d’un échantillon représentatif de citoyens de la zone euro.

Donner votre avis

Le résultat ne fonctionnera cependant pas comme une simple élection. Le Conseil des gouverneurs de la BCE prendra également en compte l’avis du jury, les évaluations techniques et la faisabilité des différents projets avant de sélectionner le graphisme final, probablement vers la fin de l’année 2026.

Des billets plus sécurisés et plus faciles à reconnaître

Cette refonte ne concerne pas uniquement l’apparence des billets. La nouvelle série doit permettre d’intégrer des éléments de sécurité plus avancés afin de conserver une longueur d’avance sur les techniques de contrefaçon.

La BCE souhaite également rendre les coupures plus faciles à authentifier et à manipuler, notamment pour les personnes aveugles ou malvoyantes. La durée de vie des billets et leur empreinte environnementale doivent aussi être améliorées grâce à des matériaux et à des procédés de fabrication plus durables.

Le billet de 500 euros ne reviendra pas

La prochaine série devrait conserver les six coupures actuellement produites : 5, 10, 20, 50, 100 et 200 euros. Aucun nouveau billet de 500 euros n’est donc prévu.

Les couleurs dominantes et les dimensions devraient également rester relativement proches de celles des billets actuels. Cette continuité permettrait aux particuliers de reconnaître facilement les différentes valeurs, tout en limitant les coûts d’adaptation des distributeurs automatiques, caisses et appareils de traitement des espèces.

Quand les nouveaux billets arriveront-ils dans nos portefeuilles ?

Il faudra encore patienter. Même après la sélection du graphisme définitif, la future série devra être développée, testée, sécurisée puis produite à très grande échelle.

La BCE indique qu’il faudra plusieurs années avant que les premiers nouveaux billets soient réellement mis en circulation. Aucun calendrier précis n’a encore été arrêté.

Les billets actuels ne deviendront pas inutilisables du jour au lendemain. Ils conserveront leur valeur et continueront à circuler aux côtés de la nouvelle série pendant la période de transition.

Une chose est donc certaine : le prochain billet de 20 euros ne représentera pas nécessairement Marie Curie et celui de 50 euros ne sera pas obligatoirement décoré d’une cigogne. Mais après plus de vingt ans de billets dominés par les ponts et l’architecture, l’apparence de l’euro pourrait bientôt connaître sa transformation la plus spectaculaire.

Article rédigé par Lionel.
Date de publication : le 24/07/2026.

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