Le bio gagne du terrain autour de Nantes, et dans des proportions assez impressionnantes. 114 exploitations agricoles sont aujourd'hui certifiées bio dans la métropole nantaise, soit près d'une ferme sur deux.
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Près de Nantes, presque une ferme sur deux est désormais bio
À l'échelle nationale, la proportion est nettement inférieure : environ une exploitation agricole française sur six est engagée dans l'agriculture biologique.
Le phénomène ne concerne pas seulement le nombre de fermes. En cinq ans, la part des terres agricoles cultivées en bio dans Nantes Métropole est passée de 21 % à 28,3 %.
En quinze ans, le nombre d'exploitations engagées dans l'agriculture biologique a presque doublé dans la métropole.
Elles sont désormais 114 à être certifiées bio, soit près de la moitié des exploitations du territoire.
À titre de comparaison, les données nationales indiquent une proportion d'environ 17,3 % de fermes bio en France.
L'écart est donc particulièrement important autour de Nantes, où l'agriculture biologique occupe désormais une place significative dans le paysage agricole périurbain.
La progression se retrouve également dans les surfaces agricoles.
Entre 2020 et 2025, la part des terres cultivées en agriculture biologique est passée de 21 % à 28,3 % dans Nantes Métropole.
Cela représente aujourd'hui environ 3 570 hectares.
À l'échelle française, la part des surfaces agricoles cultivées en bio tourne autour de 10 %. La proportion observée dans l'agglomération nantaise est donc presque trois fois supérieure.
Cette progression est notamment liée à une politique d'aide à l'installation.
Entre 2021 et 2026, environ 650 000 € ont été consacrés aux aides à l'installation et au défrichage. Ces dispositifs ont été révisés afin de favoriser les projets engagés dans une certification agriculture biologique.
Depuis 2020, 46 agriculteurs et agricultrices bio se sont installés avec le soutien de Nantes Métropole.
L'aide accordée peut atteindre 15 000 € par installation, notamment pour faciliter les premières années, souvent les plus délicates économiquement pour une nouvelle exploitation.
Depuis 2025, un accompagnement technique individualisé et gratuit est également proposé aux nouveaux exploitants. Une dizaine d'agriculteurs en ont déjà bénéficié.
Mais installer de nouveaux agriculteurs suppose également de conserver suffisamment de terres disponibles autour de Nantes.
Nantes Métropole et le Département utilisent notamment des périmètres de protection des espaces agricoles et naturels pour éviter que certaines parcelles ne changent de destination.
En 2025, environ 950 hectares de terres bio ont ainsi été protégés à Couëron, Indre et Saint-Herblain.
La collectivité peut également acheter directement des terres, des fermes ou des logements agricoles pour faciliter leur transmission et permettre aux exploitants de vivre à proximité de leurs parcelles.
Des opérations de ce type ont notamment été menées à Couëron, Saint-Jean-de-Boiseau et Rezé.
Développer la production ne suffit pas : encore faut-il trouver des débouchés aux agriculteurs.
La restauration collective représente à ce titre un marché important. Dans l'ensemble de la métropole, les produits bio représentent en moyenne 27 % des aliments servis aux écoliers.
À Nantes même, leur part était encore plus importante en 2025 : 48 % des produits utilisés dans les cantines scolaires étaient bio.
À titre de comparaison, la réglementation nationale fixe à 20 % la part minimale de produits issus de l'agriculture biologique dans la restauration collective publique.
Une autre question reste centrale : celle du prix et de l'accès aux produits bio pour les habitants.
Plusieurs expérimentations cherchent donc à développer une alimentation locale sans la réserver aux ménages disposant des budgets les plus importants.
La ferme urbaine des Dervallières commercialise par exemple depuis le printemps 2026 des légumes proposés à prix libre.
Une caisse commune de l'alimentation est également expérimentée auprès de 150 foyers de Nantes et de Saint-Herblain. Le principe repose sur une cotisation donnant ensuite accès à des produits sélectionnés pour leur qualité et leur mode de production.
D'autres initiatives apparaissent parallèlement dans la métropole. À Rezé et Vertou, des terrains inutilisés appartenant à des entreprises ont récemment été transformés en potagers solidaires, avec une production destinée à la Banque alimentaire de Loire-Atlantique.
La progression du bio ne signifie pas pour autant que la situation des exploitations soit simple.
L'année 2026 a été particulièrement difficile pour une partie des agriculteurs de la métropole, confrontés successivement à la neige, à la grêle, aux inondations ou encore aux épisodes de sécheresse.
Maraîchers, éleveurs, viticulteurs et arboriculteurs ont notamment été rencontrés durant l'été afin d'identifier les conséquences de ces épisodes et les investissements nécessaires pour adapter leurs exploitations.
De nouveaux mécanismes de soutien sont actuellement étudiés, parmi lesquels des « paiements pour services environnementaux ».
Le principe serait de rémunérer certaines actions réalisées par les agriculteurs lorsqu'elles participent par exemple à la préservation de l'eau, des sols, de la biodiversité ou à une meilleure résistance du territoire face aux inondations.
Avec 28,3 % des surfaces agricoles cultivées en bio et près d'une exploitation sur deux certifiée, l'agriculture biologique a donc pris une place particulièrement importante autour de Nantes.
La progression reste toutefois dépendante de plusieurs facteurs : disponibilité des terres, renouvellement des agriculteurs, viabilité économique des exploitations, débouchés locaux et capacité à faire face à des conditions météorologiques de plus en plus difficiles.
Des chiffres qui placent désormais l'agriculture biologique très loin du statut de marché de niche dans la métropole nantaise : autour de Nantes, elle représente aujourd'hui une part importante de l'agriculture locale.
Article rédigé par Lionel
Date de publication : le 23/09/2026.
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