12 phares de Bretagne Ă  visiter : du plus haut d'Europe au plus aventureux de la cĂ´te

Bretagne

La Bretagne et les phares, c'est une histoire d'amour vieille de plusieurs siècles. Entre le plus haut d'Europe, le plus ancien de France et celui qu'on ne peut rejoindre qu'en bateau, la région offre une collection de sentinelles maritimes aussi diverse qu'inattendue. Chacune raconte à sa manière les défis de la navigation, le courage des gardiens et l'ingéniosité des bâtisseurs. Que vous soyez prêt à grimper 397 marches ou à traverser une île à pied, ces 12 phares bretons valent largement le détour, et même le voyage.

12 phares de Bretagne à visiter : du plus haut d'Europe au plus aventureux de la côte © DR 12 phares de Bretagne à visiter : du plus haut d'Europe au plus aventureux de la côte

1/ Le plus haut : le phare de l'Île Vierge

Phare de l'Île Vierge © DR Phare de l'Île Vierge

Dressé sur un îlot au large de Plouguerneau, dans le Finistère, le phare de l'Île Vierge à Plouguerneau n'est pas seulement le plus haut phare d'Europe construit en pierre de taille, avec ses 82,50 mètres. Il est aussi l'un des plus beaux à l'intérieur. Construit entre 1897 et 1902, il faut gravir 397 marches pour atteindre le sommet, dont une partie de l'escalier est suspendue à la paroi intérieure. Mais ce qui surprend vraiment, c'est la lumière bleu-vert qui baigne la cage d'escalier, tapissée de 12 500 plaques d'opaline bleue. Automatisé depuis 2010, il est sélectionné ici parce qu'il cumule records, architecture et dépaysement dans un seul et même lieu.

Notre conseil : Combinez la visite du phare avec un séjour dans l'ancien logement des gardiens du petit phare, aujourd'hui transformé en écogîte. Passer une nuit sur l'îlot, c'est une expérience qui mérite largement les 397 marches du lendemain matin.

Le plus haut : le phare de l'Île Vierge : toutes les informations

2/ Le plus historique : le phare de Saint-Mathieu

Phare Saint-Mathieu © DR Phare Saint-Mathieu

À la pointe Saint-Mathieu, à Plougonvelin, le phare de Saint-Mathieu à Plougonvelin réunit en un seul endroit plusieurs siècles d'histoire maritime et religieuse. Construit en 1835, il mesure 37 mètres et s'élève juste à côté des ruines d'une abbaye millénaire. Avant lui, c'est la tour de l'abbaye elle-même qui servait de repère lumineux aux navigateurs. Les 163 marches conduisent à un panorama sur la mer d'Iroise, l'archipel de Molène et plusieurs autres phares visibles selon la météo. À proximité, le Mémorial national des marins morts pour la France renforce la dimension mémorielle de ce site. Ce phare figure dans cette sélection pour la richesse exceptionnelle de son contexte historique.

Notre conseil : Prévoyez un peu de temps après la visite du phare pour explorer les ruines de l'abbaye et le mémorial. Le site mérite qu'on s'y attarde, et le coucher de soleil sur la mer d'Iroise depuis la pointe offre une lumière que peu d'endroits en Bretagne peuvent égaler.

Le plus historique : le phare de Saint-Mathieu : toutes les informations

3/ Le plus élégant : le phare d'Eckmühl

Phare d'Eckmülh © DR Phare d'Eckmülh

À la pointe de Penmarc'h, le phare d'Eckmühl à Penmarch doit son existence à un legs de 300 000 francs d'Adélaïde-Louise d'Eckmühl de Blocqueville, fille du maréchal Davout. Mis en service en 1897, ce géant de 65 mètres en pierre de Kersanton résiste admirablement aux embruns. Ses 307 marches conduisent à un chemin de ronde avec une vue spectaculaire sur la pointe du Finistère et l'Atlantique. À l'intérieur, l'escalier habillé d'opaline bleutée et les pièces aux décors soignés rappellent qu'un bâtiment voué à la sécurité maritime peut aussi être traité avec un certain luxe. Il est retenu ici pour son histoire singulière et son allure reconnaissable entre toutes.

Notre conseil : Le phare d'Eckmühl se visite idéalement en tandem avec le Vieux phare de Penmarc'h, situé à quelques centaines de mètres. Les deux monuments racontent ensemble l'évolution de la signalisation maritime sur cette côte redoutée, et le contraste entre les deux tours est saisissant.

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4/ Le plus dépaysant : le phare de l'Île de Batz

Phare de l'Île de Batz © DR Phare de l'Île de Batz

Pour rejoindre le phare de l'Île de Batz, il faut d'abord prendre le bateau depuis Roscoff, puis traverser l'île à pied pendant environ trente minutes. Le phare, construit entre 1834 et 1836, culmine à 44 mètres à l'extrémité occidentale de l'île. Ses 198 marches offrent une vue panoramique sur le chenal, la baie de Morlaix et une grande partie du littoral nord-finistérien. Depuis 2018, les anciens logements de gardiens accueillent une exposition muséographique en huit salles sur l'histoire de l'île, intitulée « Batz avec les vents ». Pour ceux qui renoncent à l'ascension, un poste de pilotage installé au rez-de-chaussée propose une reconstitution de la vue depuis le sommet. Ce phare s'impose dans la sélection pour l'aventure qu'il représente, avant même d'en franchir la porte.

Notre conseil : Prenez le premier bateau du matin pour profiter de l'île avant l'afflux de visiteurs. La traversée à pied jusqu'au phare longe des paysages côtiers superbes, et l'exposition muséographique vaut à elle seule le déplacement, même par temps couvert.

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5/ Le plus occidental : le phare de Kermorvan

Phare de Kermorvan © DR Phare de Kermorvan

À l'extrémité de la presqu'île de Kermorvan, au Conquet, le phare de Kermorvan au Conquet détient un titre géographique précis : il est le phare à terre le plus occidental de France continentale. Mis en service en 1849 et conçu par l'architecte Léonce Reynaud, ce phare carré de 20 mètres se rejoint en franchissant un petit pont de granit qui accentue la sensation d'isolement. Ses 77 marches seulement suffisent à découvrir un panorama sur le Conquet, la pointe de Corsen, Saint-Mathieu et l'archipel de Molène. Depuis juillet 2026, une expérience immersive consacrée à la chambre du gardien enrichit la visite. Ce phare est sélectionné pour son emplacement unique et sa silhouette atypique parmi les tours bretonnes.

Notre conseil : Partez depuis Le Conquet à pied pour rejoindre la presqu'île. La promenade le long du littoral avant d'atteindre le phare est déjà une belle récompense en soi, et elle prépare bien à la sensation d'être au bout du continent.

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6/ Le plus secret : le phare de Trézien

Phare de Trézien © DR Phare de Trézien

Sur la commune de Plouarzel, le phare de Trézien à Plouarzel vit dans l'ombre de ses voisins plus célèbres, Kermorvan et Saint-Mathieu. Pourtant, ce phare du XIXe siècle joue un rôle précis dans un système d'alignements avec d'autres phares du secteur, destiné à guider les navires dans les chenaux complexes de la mer d'Iroise. Ses 182 marches conduisent à un panorama sur les îles de l'Iroise, dans un paysage ouvert entre champs, landes et océan. Les gardiens qui l'habitaient autrefois surveillaient aussi bien les navires que les paroissiens peu enclins à délaisser leurs champs pour la messe du dimanche. Ce phare figure dans la sélection précisément parce qu'il est méconnu, et que c'est souvent là que se cachent les meilleures découvertes.

Notre conseil : Combinez la visite du phare de Trézien avec ceux de Kermorvan et de Saint-Mathieu pour comprendre concrètement comment fonctionne un système d'alignements maritimes. Vue depuis Trézien, la logique du réseau de phares de l'Iroise devient soudainement évidente.

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7/ Le plus insulaire : le phare de Goulenez

Phare de Goulenez -Île de Sein © DR Phare de Goulenez -Île de Sein

Pour atteindre le phare de Goulenez sur l'île de Sein, il faut traverser l'une des traversées maritimes les plus impressionnantes du Finistère. Posé à l'extrémité occidentale de l'île de Sein, ce phare en béton de 51 mètres, remis en service en 1951 après sa destruction par les troupes allemandes en 1944, remplace un premier phare en granit allumé en 1839. Ses 249 marches mènent à une vue sur le raz de Sein, zone maritime redoutée par les navigateurs pour ses courants, ses rochers et sa houle. Dans l'enceinte du phare, une usine électrique fournit encore l'électricité aux habitants de l'île, et un autoclave assure leur alimentation en eau potable. Des blocs de granit issus de l'explosion de 1944 restent visibles autour du monument. Ce phare est retenu pour son histoire marquée par la guerre et la résistance sénanaise.

Notre conseil : L'île de Sein se mérite. Prévoyez une journée complète pour profiter de l'île au-delà du seul phare : les ruelles du bourg, le musée et la mémoire de la Résistance font de Sein bien plus qu'une simple étape phare.

Le plus insulaire : le phare de Goulenez, sur l'île de Sein : toutes les informations

8/ Le plus ancien : le phare du Stiff

Phare du Stiff - Ouessant © DR Phare du Stiff - Ouessant

Sur le point culminant de l'île d'Ouessant, le phare du Stiff à Ouessant est l'un des monuments les plus anciens de la signalisation maritime française. Sa construction débute en 1695 sur préconisation de Vauban, et son feu s'allume en 1700. Ses deux tours accolées de 33 mètres, dont l'une abrite l'escalier et l'autre les anciens logements de gardiens, lui donnent une architecture radicalement différente des phares du XIXe siècle. Environ 104 marches conduisent à une plateforme dominant la mer à plus de 90 mètres. Depuis 1978, une tour radar voisine contraste avec l'édifice imaginé sous Louis XIV. Ce phare ouvre la liste des deux phares visitables d'Ouessant pour son ancienneté remarquable.

Notre conseil : Associez la visite du Stiff à celle du Créac'h, situé sur la même île. Les deux phares représentent à eux seuls trois siècles d'évolution de la signalisation maritime, du feu à charbon de l'époque de Vauban aux systèmes optiques modernes.

Le plus ancien : le phare du Stiff, à Ouessant : toutes les informations

9/ Le plus instructif : le phare du Créac'h

Phare du Créac'h © DR Phare du Créac'h

Avec sa silhouette noire et blanche reconnaissable entre toutes, le phare du Créac'h à Ouessant marque l'entrée de la Manche depuis l'Atlantique. Considéré comme le plus puissant phare d'Europe, il émet huit faisceaux lumineux visibles à une soixantaine de kilomètres. Il pilote à distance les phares de Nividic et de La Jument et surveille plusieurs autres phares du secteur. Son optique double, en place depuis 1901, est l'une de ses particularités techniques. L'ancienne centrale électrique installée à la base de la tour abrite aujourd'hui un musée des phares et balises, qui réunit la plus belle collection de lentilles de Fresnel d'Europe. Ce phare s'impose dans la sélection pour la qualité de son musée, l'un des meilleurs sur le sujet en France.

Notre conseil : Comptez au moins deux heures pour faire honneur au musée des phares et balises. Les lentilles de Fresnel exposées méritent qu'on s'y attarde, et les explications sur l'évolution des sources lumineuses donnent un tout autre regard sur les phares qu'on a vus ou qu'on s'apprête à visiter.

Le plus instructif : le phare du Créac'h, à Ouessant : toutes les informations

10/ Le plus spectaculaire : le Grand Phare de Goulphar

Phare de Goulphar © DR Phare de Goulphar

Sur la côte sauvage de Belle-Île-en-Mer, le Grand Phare de Goulphar à Bangor domine falaises et landes depuis sa tour de granit construite entre 1826 et 1835. Ses 247 marches conduisent à un balcon panoramique à 52,25 mètres, avec l'océan à perte de vue et les célèbres aiguilles de Port-Coton en contrebas. Le phare est lié à Augustin Fresnel, qui l'avait conçu comme un phare de grand atterrissage, chargé de signaler Belle-Île aux navires. Avant l'installation d'un moteur en 1953, le gardien devait donner 420 tours de manivelle plusieurs fois par nuit pour maintenir la rotation de la lentille. Depuis 1998, le site participe également à la supervision de stations liées à la correction des signaux GPS. Ce phare figure dans la sélection pour la beauté de son cadre et la densité de son histoire technique.

Notre conseil : Depuis le balcon, descendez ensuite vers les aiguilles de Port-Coton à pied. La combinaison du phare et des falaises constitue l'une des plus belles promenades de Belle-Île, et le paysage change complètement selon l'état de la mer.

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11/ Le plus vertigineux : le phare du Cap Fréhel

Phare de Cap Fréhel © DR Phare de Cap Fréhel

Au sommet des falaises du Cap Fréhel, à Plévenon, le phare du Cap Fréhel à Plévenon domine la mer à près de 70 mètres grâce à son implantation sur la falaise, bien que la tour elle-même ne mesure que 33 mètres. Troisième génération de phare sur ce site, la tour actuelle en granit a été construite entre 1946 et 1950. Son premier prédécesseur, dit phare Vauban, remonte à 1701-1702. Le deuxième a été dynamité par l'armée allemande le 11 août 1944. Ses 145 marches conduisent à un panorama sur la Manche, la baie de Saint-Brieuc et, par temps clair, jusqu'aux îles Anglo-Normandes, avec une portée lumineuse de 110 kilomètres. Dernier phare gardienné de France, son ultime gardien est parti à la retraite le 1er septembre 2019. Ce phare est retenu pour la sensation de vertige incomparable que procure son emplacement.

Notre conseil : Prolongez la visite jusqu'à l'extrémité du cap pour voir la sirène de brume, installée au bord de la falaise. Et si vous pouvez choisir votre journée, optez pour une météo animée : les vagues qui frappent les falaises depuis ce belvédère offrent un spectacle que la mer calme ne peut pas reproduire.

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12/ Le plus aventureux : le Vieux phare de Penmarc'h

Le Vieux Phare de Penmarc'h © DR Le Vieux Phare de Penmarc'h

À Penmarc'h, le Vieux phare de Penmarc'h se distingue d'emblée : point d'escalier en colimaçon ici, mais d'étroites échelles pour atteindre la lanterne. Inauguré en 1835 et utilisé jusqu'à la mise en service du phare d'Eckmühl en 1897, ce phare de 38 mètres a traversé les décennies avec quelques cicatrices. L'armée allemande avait tenté de le dynamiter à son départ, sans parvenir à détruire la tour, dont une fissure en partie haute a nécessité l'installation d'une ceinture métallique. Depuis 1990, il accueille une exposition sur l'histoire des phares et des expositions d'art contemporain. Depuis le 19 février 2025, une nouvelle lanterne lui a rendu son allure d'origine après d'importants travaux. Ce phare clôt la sélection pour son caractère unique et son ascension qui ressemble davantage à une petite expédition qu'à une visite classique.

Notre conseil : Visitez le Vieux phare avant le phare d'Eckmühl voisin. Commencer par le plus modeste et le plus atypique pour finir par le géant élégant construit pour le remplacer donne à la visite une logique narrative que l'ordre inverse ne permet pas.

Le plus aventureux : le Vieux phare de Penmarc'h : toutes les informations

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