Jusqu'au 04/01/2027
Tarif adulte : 6,50 € – 5 € de 8 à 18 ans – gratuit pour les moins de 8 ans
Dans 2 000 ans, les enfants joueront-ils encore avec des figurines, des doudous ou des jeux de construction ? C’est la drôle de question posée cette année par le Musée du Jouet de Colmar avec l’exposition « 4026 – Des jouets éternels ? ». À partir d’une mystérieuse capsule temporelle, le parcours imagine le futur de plusieurs familles de jouets que l’on croyait pourtant intemporelles.
DR
Lego, poupées, consoles… que restera-t-il de nos jouets en 4026 ?
Tout commence par une fiction. Le 25 juin 2025, deux chercheurs découvrent plusieurs capsules intactes sur lesquelles apparaît un seul indice : 4026.
À l’intérieur, des objets ressemblent étrangement à des jouets que nous connaissons déjà. Figurines, doudous, cartes, billes, jeux de plateau ou constructions : certains semblent familiers, tout en ayant évolué.
Le visiteur est alors invité à mener l’enquête. S’agit-il réellement de jouets venus du futur ? Et surtout, pourquoi certaines formes de jeu semblent-elles capables de survivre pendant des siècles ?
Le JDS présente également l’exposition « 4026 – Des jouets éternels ? » et ses informations pratiques.
On peut imaginer les enfants de 4026 entourés d’intelligence artificielle, de réalité virtuelle ou de jouets que nous serions aujourd’hui incapables de comprendre. Mais une chose pourrait ne pas beaucoup changer : le besoin de s’attacher à un objet rassurant.
C’est tout l’intérêt du doudou. Sa technologie est pour le moins rudimentaire, mais sa fonction est profondément liée aux émotions et à l’enfance. L’exposition s’interroge justement sur ces objets qui semblent résister aux innovations parce qu’ils répondent à des besoins bien plus anciens que nos écrans.
Les concepteurs de « 4026 » insistent d’ailleurs sur cette dimension : le jouet permet de questionner notre rapport à la matière, à l’intime et à l’émotion.
Voilà une famille de jouets qui part avec une sacrée longueur d’avance. Bien avant Playmobil, les super-héros ou les personnages de jeux vidéo, les enfants manipulaient déjà de petites représentations humaines ou animales.
Les styles et les matériaux changent, mais le principe reste quasiment identique : inventer des histoires à partir de personnages miniatures.
C’est précisément ce que montre l’exposition en confrontant passé, présent et futur. Les objets changent de forme, mais certaines mécaniques de jeu restent étonnamment stables.
LEGO n’existera peut-être plus en 4026 sous la forme que nous connaissons aujourd’hui. En revanche, le principe consistant à assembler des éléments pour fabriquer quelque chose semble avoir toutes les chances de survivre.
Bois, plastique, matériaux intelligents ou éléments virtuels : peu importe finalement la matière. L’essentiel est ailleurs. Construire permet de tester, démonter, recommencer et inventer.
Le Musée du Jouet choisit ainsi de ne pas « prédire » précisément le jouet du futur. Il met plutôt en regard des versions passées, présentes et imaginées de plusieurs grandes familles de jeux pour interroger ce qui change… et ce qui ne change pas.
On aurait pu imaginer que les consoles et les smartphones feraient disparaître les jeux de société. C’est plutôt l’inverse qui s’est produit : cartes et jeux de plateau continuent à séduire toutes les générations.
En 4026, les règles seront peut-être projetées en hologramme et les pions n’auront peut-être plus grand-chose à voir avec ceux de nos placards. Mais l’envie de s’asseoir autour d’un jeu, de respecter des règles, de gagner, de perdre ou de tricher discrètement pourrait être beaucoup plus résistante que la technologie elle-même.
Le musée propose d’ailleurs aux visiteurs de réfléchir à cette évolution lors de ses activités « Mission 4026 », déjà présentées par le JDS.
C’est probablement la grande inconnue. Les consoles de jeux vidéo que nous connaissons aujourd’hui seront presque certainement devenues des objets de musée bien avant 4026.
Mais cela ne signifie pas que le jeu vidéo disparaîtra. Comme les figurines ou les jeux de construction, il pourrait simplement changer complètement de support.
Le Musée du Jouet rappelle d’ailleurs à travers ses collections combien le jouet évolue avec la technologie : des jouets mécaniques aux robots, puis de l’électronique aux consoles modernes. Le musée conserve aujourd’hui plus de 1 000 jouets répartis sur trois niveaux.
Pour découvrir l’ensemble du lieu, le JDS propose aussi un guide pratique du Musée du Jouet de Colmar.
Pour construire cet univers, le Musée du Jouet a confié une véritable carte blanche à l’atelier Pandore, fondé à Strasbourg par Anatole Boule, ainsi qu’à l’artiste multidisciplinaire Valentin Gall.
Le projet mêle ainsi muséographie, narration fictive, recherche et création artistique. Les concepteurs expliquent avoir travaillé sur plusieurs familles de jouets présentées sous la forme d’un triptyque : passé, présent, futur.
L’objectif n’est donc pas de prétendre savoir avec certitude à quoi joueront les enfants dans deux millénaires. Il s’agit plutôt d’utiliser le futur comme prétexte pour mieux regarder nos jouets actuels.
La réponse la plus amusante est peut-être aussi la plus simple : probablement ceux dont le principe est plus solide que leur technologie.
Un doudou rassure. Une figurine permet d’inventer une histoire. Des pièces servent à construire. Des cartes imposent des règles. Autant d’usages qui existaient bien avant les consoles ou les jouets connectés et qui pourraient continuer bien après eux.
L’exposition ne donne donc pas vraiment une réponse définitive. Elle pose plutôt une autre question : est-ce le jouet qui doit devenir futuriste… ou simplement notre manière de jouer qui continuera d’évoluer ?
Article rédigé par Mathilde
Date de publication : le 26/08/2026.
Tarif adulte : 6,50 € – 5 € de 8 à 18 ans – gratuit pour les moins de 8 ans
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