Entre envies de départ, pression des choix et réalité du marché de l'emploi, l'orientation reste un passage clé pour les lycéens. À Mulhouse, Nathalie Candalot, conseillère d'orientation au lycée Jeanne d'Arc, s'attache à ancrer les projets des élèves dans les opportunités concrètes du territoire.
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Orientation : des débouchés bien réels à Mulhouse
Aujourd'hui, rares sont les lycéens qui envisagent leur avenir sans penser à la mobilité. Grandes métropoles, formations sélectives ou attrait de la Suisse voisine s'invitent très tôt dans les discussions. « La mobilité fait désormais partie du raisonnement des jeunes », observe Nathalie Candalot. Pour autant, ce réflexe n'exclut pas un avenir professionnel à Mulhouse ou dans le Haut-Rhin.
Dans son accompagnement, la conseillère insiste sur la notion de parcours. Partir pour se former peut constituer une étape, à condition de connaître les débouchés existants localement. Plusieurs anciens élèves du lycée Jeanne d'Arc en témoignent : certains travaillent aujourd'hui chez AXA comme chargés de clientèle ou gestionnaires de dossiers, d'autres se sont installés comme avocats, tandis que certains ont ouvert leur propre commerce après un cursus parfois suivi hors du territoire.
Ces trajectoires rappellent que le bassin mulhousien offre des perspectives variées. Pourtant, un décalage persiste entre aspirations et réalité économique. « Les jeunes connaissent très mal les métiers existants », constate Nathalie Candalot. Industrie, maintenance, logistique, transports ou services souffrent encore d'un manque d'attractivité, malgré des besoins importants.
Certaines entreprises l'ont bien compris et viennent directement à la rencontre des élèves. « Des acteurs comme la SNCF ou Areva recherchent des profils précis, notamment issus de bacs professionnels ou technologiques » explique la conseillère. Le lycée s'appuie aussi sur des actions concrètes : forum des métiers dès la classe de 3e, visites d'entreprises, ou encore découverte de structures comme l'aéroport de Bâle-Mulhouse, où coexistent des métiers liés à la sécurité, à la logistique ou à l'accueil.
Parmi les leviers les plus efficaces pour relier formation et emploi local, l'alternance occupe une place centrale. « C'est souvent un vrai tremplin vers l'embauche » souligne Nathalie Candalot. En permettant aux jeunes de se former tout en travaillant dans une entreprise du territoire, elle facilite l'insertion professionnelle et crée un premier ancrage dans l'emploi local.
De nombreux élèves poursuivent ainsi leur parcours dans les structures qui les ont accueillis en apprentissage ou en contrat de professionnalisation. Ce modèle vertueux permet aussi aux entreprises de former des profils adaptés à leurs besoins. Mais il reste fragile : les incertitudes actuelles autour du financement de l'alternance inquiètent autant les employeurs que les établissements, alors même que le dispositif a fait ses preuves.
À Mulhouse et dans le Haut-Rhin, l'enjeu n'est donc pas de retenir les jeunes à tout prix, mais de leur donner une vision réaliste des possibilités locales. « Le plus important reste de confronter un projet à la réalité » résume la conseillère.
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