Après un an et demi de travaux, la fontaine Saint-Michel a retrouvé son éclat d'origine. Dévoilée au public depuis juillet 2026, cette icône du Quartier latin, à Paris, a bénéficié d'une restauration complète portant sur ses sculptures en bronze, ses décors de pierre, ses installations hydrauliques et sa mise en lumière. La remise en eau est attendue pour l'automne 2026.
Depuis la fin du chantier, Saint Michel terrassant le dragon brille à nouveau depuis son rocher, contemplant les Parisiens et les visiteurs qui se retrouvent à ses pieds. Imaginée par Gabriel Davioud sous Napoléon III, cette œuvre monumentale du Quartier latin, à Paris (Paris), n'avait jamais fait l'objet d'une restauration aussi complète. La précédente intervention, en 1998, n'était que partielle. Lancé en mai 2025, ce chantier d'envergure a mobilisé sculpteurs, tailleurs de pierre, architectes et restaurateurs autour d'un objectif commun : retrouver la polychromie d'origine sans trahir l'histoire du monument.
La restauration a porté sur l'ensemble des décors sculptés : deux dragons ailés, quatre figures allégoriques, angelots, chapiteaux et lions. Le sculpteur Claude Pagin a travaillé ciseau en main, à partir des archives historiques du monument réunies par des historiens et des laboratoires d'études des matériaux. Pas question d'improviser sur un édifice classé monument historique depuis 1926, soumis au contrôle scientifique et technique des services de l'État et de la DRAC.
La palette chromatique du monument a été entièrement restituée : pierre blonde, gris anthracite du rocher, marbre rouge des colonnes. Exposée plein nord, la fontaine ne bénéficie d'aucun ensoleillement naturel direct. C'est précisément pour cela que sa polychromie a été conçue aussi riche, afin d'apporter de la lumière par le jeu des matières et des contrastes. Comme l'a souligné l'architecte Pascal Chossegros, les Parisiens peuvent aujourd'hui retrouver le même rendu visuel qu'en 1860.
La fontaine Saint-Michel à Paris n'est pas qu'une façade ornementale : c'est un bâtiment à part entière, doté d'une charpente en bois et d'une toiture en zinc, elles aussi entièrement restaurées. L'architecte Gabin Deltor a insisté sur la complexité de l'ouvrage, qui associe des surfaces polies et mates, des bronzes, des pierres variées et de nombreux éléments colorés, chacun soumis à des problématiques de vieillissement spécifiques nécessitant des interventions sur mesure.
Certains blocs de pierre, dégradés par les infiltrations, ont dû être remplacés ou retaillés. La pierre du Jura jaune et rouge utilisée à l'origine, devenue introuvable, a été substituée par une pierre aux caractéristiques identiques, extraite à Corton, en Côte-d'Or, dans une carrière rouverte spécialement pour l'occasion. Les pierres du bassin ont, quant à elles, été restaurées en Bourgogne. Un important travail de dérestauration a par ailleurs permis d'éliminer les anciennes couches de protection, en n'utilisant que des produits naturels et non agressifs pour préserver la pierre.
Du côté de la fontainerie, la machinerie a été entièrement remplacée par un système de traitement par filtre UV, bien plus écologique qu'auparavant. Exit l'odeur de chlore caractéristique. Mieux encore, la nouvelle installation permettra de recréer l'effet de cascade d'origine, qui n'avait jamais réellement fonctionné faute d'une pompe suffisamment puissante. La remise en eau, prévue à l'automne 2026, marquera l'aboutissement définitif du chantier. La mise en lumière, repensée par un éclairagiste spécialisé dans les monuments et musées, permettra également de révéler, en soirée, tous les détails et contrastes retrouvés de ce symbole emblématique du Quartier latin.
Article rédigé par Julie
Date de publication : le 31/08/2026.
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