Posés au milieu des flots, accrochés à une falaise ou accessibles uniquement lorsque la mer se retire, ces forts maritimes comptent parmi les monuments les plus impressionnants du littoral français. De la Bretagne à la Côte d’Azur, voici dix forteresses qui devraient séduire tous les amoureux de Fort Boyard.
Chaque été, sa silhouette reconnaissable entre toutes revient sur les écrans. Avec ses murs dressés au milieu de l’océan, ses cellules mystérieuses et ses coursives battues par les vents, Fort Boyard fascine plusieurs générations de téléspectateurs.
Mais le célèbre monument de Charente-Maritime est loin d’être le seul fort maritime spectaculaire de France. Notre littoral est jalonné de citadelles, de batteries et de châteaux construits pour surveiller les côtes, protéger les ports ou repousser les navires ennemis.
Certains occupent un îlot isolé, d’autres dominent la mer depuis un promontoire rocheux. Plusieurs se rejoignent à pied à marée basse, tandis que quelques-uns ne se découvrent qu’au cours d’une excursion en bateau. Voici dix lieux qui donnent immédiatement envie de partir à l’aventure.
À Bourcefranc-le-Chapus, face à l’île d’Oléron, le fort Louvois semble flotter au-dessus de l’océan. Sa silhouette ovale, ses remparts et sa position sur un rocher isolé lui valent régulièrement d’être comparé à Fort Boyard.
Sa construction débute à la fin du XVIIe siècle afin de protéger l’accès à l’arsenal de Rochefort. Aujourd’hui, l’arrivée jusqu’au monument fait déjà partie de l’expérience. À marée basse, une chaussée pavée de 400 mètres permet de rejoindre le fort à pied en quelques minutes. Lorsque la mer remonte, la traversée s’effectue en bateau.
Une fois à l’intérieur, les visiteurs découvrent la caserne, le donjon, les canons et un panorama remarquable sur le pont de l’île d’Oléron et le bassin de Marennes.
Pourquoi il faut y aller : c’est probablement le monument français qui rappelle le plus directement Fort Boyard, avec l’avantage de pouvoir en visiter l’intérieur.
Toujours en Charente-Maritime, le fort Enet se trouve au large de Fouras, entre la pointe de la Fumée et l’île d’Aix. Il fut construit au début du XIXe siècle pour renforcer le dispositif défensif protégeant l’arsenal de Rochefort.
L’accès constitue là encore une petite aventure. Le fort se rejoint à pied à marée basse en empruntant une passe découverte par l’océan. Le site étant privé, son intérieur se découvre dans le cadre de visites guidées organisées à certaines dates, selon les horaires et les coefficients de marée.
Depuis le fort, la vue s’étend sur Fouras, l’île d’Aix et, au loin, la célèbre silhouette de Fort Boyard.
Pourquoi il faut y aller : pour vivre l’impression de marcher au milieu de la mer avant d’entrer dans une véritable forteresse insulaire.
Face aux remparts de Saint-Malo, le Fort National est l’un des monuments les plus emblématiques de la cité corsaire. Construit en granit à la fin du XVIIe siècle sur les plans de Vauban et de l’ingénieur Siméon Garangeau, il devait protéger la ville contre les attaques venues de la mer.
Le fort repose sur un îlot rocheux qui devient accessible depuis la plage lorsque la marée descend. Il suffit alors de traverser le sable depuis la porte Saint-Thomas pour atteindre son enceinte. Les visites dépendent donc directement des marées : lorsque le drapeau français flotte au-dessus du monument, le passage est ouvert.
La récompense se trouve au sommet des remparts, avec une vue spectaculaire sur la vieille ville, la baie de Saint-Malo et les îlots voisins.
Pourquoi il faut y aller : pour associer la découverte d’un fort maritime à une promenade sur les remparts de l’une des plus belles villes fortifiées de France.
À quelques kilomètres du cap Fréhel, dans les Côtes-d’Armor, Fort La Latte offre l’un des décors les plus impressionnants de Bretagne. Également appelé château de la Roche Goyon, il se dresse sur un éperon rocheux entouré par la mer.
Avec son pont-levis, ses tours, son donjon, ses remparts et ses falaises abruptes, le site ressemble davantage à un château de cinéma qu’à un simple ouvrage militaire. Son histoire remonte au Moyen Âge, même si la forteresse a ensuite été transformée et adaptée aux besoins de la défense côtière.
La visite permet de parcourir les différentes enceintes, d’explorer la chapelle et les jardins, puis de monter jusqu’au sommet du donjon pour contempler la côte d’Émeraude. Le château est ouvert à la visite une grande partie de l’année, avec des horaires élargis pendant l’été.
Pourquoi il faut y aller : pour son décor spectaculaire et la possibilité de prolonger la sortie par une randonnée jusqu’au cap Fréhel.
À Plougonvelin, près de Brest, le fort de Bertheaume veille sur l’entrée du goulet depuis un îlot rocheux escarpé. Sa position stratégique fut utilisée pendant plusieurs siècles pour surveiller les navires approchant de la rade.
Le fort est aujourd’hui relié au continent par une passerelle suspendue au-dessus de la mer. Le contraste entre la pierre sombre, les falaises et les eaux turquoise en fait un lieu particulièrement photogénique.
Durant l’été, les visiteurs peuvent parcourir le fort, participer à des chasses au trésor et découvrir plusieurs espaces retraçant son histoire militaire. En 2026, les visites sont notamment annoncées tous les jours du 6 juillet au 28 août.
Pourquoi il faut y aller : pour sa passerelle, son panorama sur la mer d’Iroise et son atmosphère de bout du monde.
Difficile d’imaginer un décor plus dépaysant. Le fort Cigogne occupe une petite île de l’archipel des Glénan, au large de Fouesnant, dans le Finistère. Autour de ses remparts s’étendent des plages de sable blanc et une mer transparente aux nuances turquoise.
Le monument fut édifié au XVIIIe siècle pour lutter contre les pirates et les corsaires qui utilisaient l’archipel comme refuge. Il abrite aujourd’hui une base de l’école de voile Les Glénans. Après plusieurs années de restauration, le fort a de nouveau accueilli des visiteurs, même si son accès reste plus encadré que celui d’un monument touristique classique.
Le moyen le plus simple de l’apercevoir reste une excursion maritime commentée à travers l’archipel, généralement associée à une escale sur l’île Saint-Nicolas.
Pourquoi il faut y aller : pour découvrir une forteresse entourée par l’un des paysages maritimes les plus étonnants de Bretagne.
Contrairement aux autres monuments de cette sélection, le fort Liédot ne se dévoile pas immédiatement depuis la mer. Il est dissimulé au milieu de la forêt, dans la partie nord de l’île d’Aix, en Charente-Maritime.
Cette imposante fortification du XIXe siècle, voulue sous Napoléon, est accessible à pied ou à vélo depuis le port. Il faut compter environ 30 à 45 minutes de marche pour rejoindre son enceinte et ses galeries voûtées.
À l’intérieur, le parcours mêle architecture militaire, histoire et expositions. Le fort Liédot est ouvert du 4 avril au 1er novembre 2026, avec des visites autonomes, guidées ou thématiques selon les périodes.
Pourquoi il faut y aller : pour profiter d’une journée complète sur une île presque entièrement dépourvue de voitures, entre plages, balades à vélo et patrimoine militaire.
Dressé à 35 mètres au-dessus de la Méditerranée, le fort de Brégançon domine la côte de Bormes-les-Mimosas. Sa position sur un îlot rocheux relié au continent et son environnement préservé en font l’un des sites les plus reconnaissables du littoral varois.
Ancienne place militaire, le fort est surtout connu pour être devenu une résidence officielle des présidents de la République. Derrière ses murs se cachent des salons, des appartements privés, des terrasses et des jardins offrant une vue exceptionnelle sur les îles d’Hyères.
Des visites guidées sont organisées durant certaines périodes. La réservation est obligatoire et aucune billetterie n’est proposée directement sur place. Le calendrier peut également évoluer en fonction de l’utilisation officielle du domaine.
Pourquoi il faut y aller : pour découvrir un lieu à la fois militaire, historique et politique, habituellement associé aux vacances présidentielles.
Le Fort Carré domine la presqu’île Saint-Roch, à l’entrée du port d’Antibes. Reconnaissable à son plan en étoile, cet ouvrage militaire construit à partir du XVIe siècle compte parmi les premiers exemples de fortification bastionnée en France.
Depuis son chemin de ronde, le regard embrasse le vieil Antibes, le port Vauban, la baie des Anges et, lorsque le ciel est dégagé, les sommets des Alpes.
Le monument se visite toute l’année, à l’exception de certains jours de fermeture. Durant l’été, les horaires sont généralement prolongés, mais il est conseillé de vérifier si l’accès s’effectue librement ou uniquement dans le cadre d’une visite guidée.
Pourquoi il faut y aller : pour découvrir une architecture militaire remarquable tout en profitant de l’un des plus beaux panoramas de la Côte d’Azur.
À l’entrée de la rade de Lorient, la citadelle de Port-Louis forme un vaste ensemble fortifié tourné vers l’océan. Ses remparts permettaient autrefois de contrôler les mouvements des navires et de défendre les installations portuaires.
La promenade sur les murailles offre une vue dégagée sur la rade, la presqu’île de Gâvres et l’île de Groix. La citadelle abrite également le Musée national de la Marine, consacré notamment à l’histoire maritime, au sauvetage en mer et aux trésors découverts lors de fouilles sous-marines.
La visite est donc plus complète que celle d’un fort traditionnel : elle permet à la fois d’explorer les fortifications et de parcourir plusieurs espaces muséographiques.
Pourquoi il faut y aller : pour ses remparts impressionnants, son musée et son panorama sur l’une des principales rades de Bretagne.
Ces dix monuments ne ressemblent pas tous exactement à Fort Boyard. Certains sont de véritables forts isolés au milieu de l’eau, tandis que d’autres occupent une falaise, une presqu’île ou un îlot relié au continent.
Ils partagent néanmoins la même capacité à éveiller l’imagination. Leur architecture, leur isolement et leur exposition aux éléments rappellent une époque durant laquelle chaque port et chaque rade devaient être protégés contre les attaques venues de la mer.
Avant de partir, pensez à consulter les horaires d’ouverture et les conditions d’accès. Pour le fort Louvois, le fort Enet ou le Fort National, la visite dépend directement des marées. D’autres sites, comme le fort de Brégançon, imposent une réservation préalable ou ne sont accessibles qu’à certaines périodes.
Une contrainte qui participe finalement au charme de l’expérience : ici, ce n’est pas seulement le monument qui décide de la visite, mais aussi l’océan.
Fort Boyard devait initialement protéger l’arsenal de Rochefort et empêcher les navires ennemis de franchir le passage entre les îles d’Aix et d’Oléron. Sa construction, commencée au début du XIXe siècle, s’est prolongée pendant plusieurs décennies.
Lorsqu’il fut enfin terminé, les progrès de l’artillerie permettaient déjà aux canons installés sur les côtes de couvrir la zone. Le fort n’a donc jamais connu la grande bataille pour laquelle il avait été imaginé. Il servit notamment de prison avant de devenir, bien plus tard, le décor de l’émission télévisée qui a fait sa renommée.
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