Faire passer la voiture de 52 % à moins de 40 % des déplacements en dix ans : c’est l’un des objectifs majeurs du nouveau Plan de Mobilité de Touraine. À l’horizon 2036, plus de 100 000 trajets automobiles quotidiens devraient ainsi disparaître ou basculer vers le vélo, les transports en commun, la marche ou le covoiturage.
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100 000 trajets en voiture de moins chaque jour : le plan qui veut transformer les déplacements autour de Tours
C’est un document qui devrait influencer une grande partie des futurs aménagements autour de Tours pendant les dix prochaines années. Le Syndicat des Mobilités de Touraine prépare son Plan de Mobilité 2026-2036, avec 37 actions destinées à faire évoluer les habitudes de déplacement dans 25 communes.
Le projet va bientôt entrer dans une phase importante : les habitants pourront officiellement donner leur avis lors d’une enquête publique organisée du 28 septembre au 28 octobre 2026.
Pour comprendre l’ampleur du défi, il faut regarder les chiffres.
Chaque jour, environ 1,1 million de déplacements sont réalisés sur le territoire du Syndicat des Mobilités de Touraine.
Et malgré le développement du tramway, des bus et du vélo, la voiture reste largement en tête avec 52 % des déplacements. Une proportion qui n’a pratiquement pas évolué entre 2019 et 2024.
Elle est suivie par :
Le vélo est l’un des rares modes à avoir nettement progressé puisqu’il représentait encore environ 3 % des déplacements cinq ans plus tôt.
À l’horizon 2036, le Syndicat des Mobilités veut faire évoluer profondément cette répartition.
La part de la voiture doit notamment passer de 52 % aujourd’hui à moins de 40 %.
À l’échelle des centaines de milliers de déplacements réalisés quotidiennement, la différence est considérable : plus de 100 000 trajets automobiles par jour devraient être supprimés ou reportés vers d’autres modes.
Il ne s’agit donc pas d’interdire autant de déplacements mais d’offrir suffisamment d’alternatives pour qu’une partie des habitants puisse laisser plus souvent sa voiture au garage.
Le vélo est l’un des grands gagnants du scénario retenu.
Sa part devrait passer de 5 % à 10 % des déplacements d’ici 2036. Les transports en commun doivent eux progresser de 11 % à environ 15 %.
Pour atteindre ces objectifs, le plan s’appuie notamment sur le développement des alternatives à la voiture individuelle, une meilleure répartition de l’espace public entre les différents modes et l’accompagnement des habitants dans leurs changements d’habitudes.
Le document prévoit au total 37 actions organisées autour de quatre grands leviers.
Une partie de cette transformation est déjà particulièrement visible dans l’agglomération.
Le chantier de la deuxième ligne de tramway se poursuit par exemple dans plusieurs secteurs de Tours, comme actuellement avenue de Grammont où une nouvelle phase de travaux vient de débuter pour préparer le passage du futur tram B.
Le territoire poursuit également le développement du réseau cyclable, des services de location de vélos, de l’autopartage ou encore du covoiturage.
Le Plan de Mobilité veut désormais coordonner ces différents projets et développer les alternatives au-delà du seul centre de Tours, notamment dans les secteurs périphériques où la voiture reste beaucoup plus difficile à remplacer.
Derrière l’évolution des modes de transport se trouve également un objectif environnemental particulièrement important.
Le projet vise une baisse de 32 % des émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements.
Le sujet ne concerne d’ailleurs pas seulement les trajets domicile-travail. Contrairement aux idées reçues, le travail ne représente qu’environ 21 % des déplacements, contre 26 % pour les loisirs.
Pour réduire réellement la dépendance à la voiture, les alternatives devront donc fonctionner aussi bien pour aller travailler que pour faire ses courses, pratiquer une activité ou se rendre dans un équipement de loisirs.
Le plan n’est pas encore définitivement adopté.
Une réunion publique est organisée vendredi 18 septembre à 18h30 à l’Hôtel de Ville de Tours afin de présenter le projet.
Puis une enquête publique aura lieu du 28 septembre au 28 octobre 2026. Pendant cette période, l’ensemble du dossier sera consultable et les habitants pourront déposer leurs observations en ligne, sur des registres papier ou lors des permanences du commissaire enquêteur.
Le document pourra ensuite être ajusté en fonction des remarques recueillies avant son approbation définitive par les élus.
Avec un objectif de plus de 100 000 déplacements automobiles quotidiens en moins ou reportés vers d’autres modes, les décisions prises dans ce Plan de Mobilité pourraient donc avoir des conséquences très concrètes sur la manière de se déplacer à Tours et dans son agglomération durant la prochaine décennie.
Article rédigé par Lionel
Date de publication : le 14/09/2026.
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