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Un tableau inédit de Gustave Courbet datant de 1866 vient d'être officiellement authentifié après une longue bataille d'experts à Paris

Galerie Johann Naldi, 17 rue Henry Monnier | Paris

Un rapport d'expertise judiciaire rendu en 2026 conclut à l'authenticité d'une huile sur toile intitulée Deux chevreuils au repos dans un paysage de neige, attribuée à Gustave Courbet et datée de 1866. Ce tableau, redécouvert par le galeriste parisien Johann Naldi, avait été adjugé 156 250 euros lors d'une vente publique organisée par la maison Osenat à Fontainebleau le 20 mars 2022, avant de faire l'objet d'une procédure judiciaire en annulation de la vente.

Un Courbet inédit au cœur d'une bataille d'experts à Paris

C'est dans le 9e arrondissement de Paris, du cĂ´tĂ© de la Galerie Johann Naldi (17 rue Henry Monnier), que cette affaire prend racine. Le galeriste et expert Johann Naldi avait redĂ©couvert ce tableau reprĂ©sentant deux chevreuils au repos dans un paysage de neige, une huile sur toile portant la date 1866. L'Ĺ“uvre avait d'abord Ă©tĂ© exposĂ©e au MusĂ©e Gustave Courbet d'Ornans entre octobre 2019 et janvier 2020, dans le cadre de l'exposition Courbet / Hodler : une rencontre, organisĂ©e pour le bicentenaire de la naissance du peintre avec le soutien du MusĂ©e d'Orsay.

Authenticité confirmée pour un tableau inédit attribué à Gustave Courbet DR Authenticité confirmée pour un tableau inédit attribué à Gustave Courbet

Après son adjudication en 2022, l'acquéreur, une société de cession d'objets d'art présidée par un notaire, avait soumis le tableau au Comité Courbet, qui avait refusé l'attribution et décidé de ne pas intégrer l'œuvre au futur catalogue raisonné. Cette décision avait conduit l'acquéreur à engager une procédure judiciaire en annulation de la vente contre le vendeur, la maison Osenat et l'expert Thomas Morin-Williams. C'est dans ce contexte que le tribunal a désigné un expert judiciaire indépendant pour trancher la question de l'authenticité de la toile.

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Le dossier s'inscrit dans un débat qui dépasse largement les frontières franciliennes. En Île-de-France comme dans les milieux spécialisés du marché de l'art international, la question de l'attribution des œuvres de Courbet est un sujet sensible, où les intérêts scientifiques, patrimoniaux et commerciaux se croisent. Ce tableau, issu de la collection Théodore Duret, l'un des collectionneurs les plus influents de la fin du XIXe siècle, concentre à lui seul plusieurs décennies de controverses autour de la vente après décès de 1931 à l'Hôtel Drouot.

Une expertise judiciaire rigoureuse qui contredit l'avis du Comité Courbet

Gilles Perrault, expert judiciaire agréé par la Cour de cassation et spĂ©cialisĂ© dans le dĂ©pistage des faux et contrefaçons artistiques, a conduit une expertise de plusieurs mois dans le respect du principe du contradictoire. Sa conclusion est sans ambiguĂŻtĂ© : le tableau doit ĂŞtre considĂ©rĂ© comme authentique. Dans son rapport, il Ă©crit : « Cette Ĺ“uvre Ă©tant de la mĂŞme main que certains tableaux reconnus de Gustave Courbet, circa 1866, qui figurent dans des musĂ©es nationaux et dans les deux catalogues raisonnĂ©s qui font autoritĂ©, du nom de leur auteur respectif FERNIER et COURTHION, cette Ĺ“uvre doit ĂŞtre considĂ©rĂ©e authentique. Aucun Ă©lĂ©ment factuel contraire n'a Ă©tĂ© trouvĂ©. Â»

L'expert a notamment rapprochĂ© la toile de deux Ĺ“uvres reconnues de Courbet : Le chevreuil (vers 1865-1870), conservĂ© au MusĂ©e national de Varsovie, et Paysage de neige dans le Jura, avec chevreuil (1866), conservĂ© au MusĂ©e des Beaux-Arts de Troyes. Les analyses scientifiques des pigments ont confirmĂ© leur compatibilitĂ© avec une exĂ©cution dans la seconde moitiĂ© du XIXe siècle. L'expertise a Ă©galement mis en Ă©vidence une erreur commise par le ComitĂ© Courbet, qui avait confondu la date inscrite au bas de la toile, Â« ..66 Â» prĂ©cĂ©dĂ©e de deux points selon un mode de datation courant chez Courbet, avec un supposĂ© monogramme Â« GC Â».

Sur la provenance du tableau, les recherches historiques menées durant la procédure ont permis de démontrer, grâce à des documents d'époque, que l'œuvre avait été acquise lors de la vente de 1931 par Jacques de la Chaume, héritier et neveu de Théodore Duret. L'expert Gilles Perrault relève que rien, sur le plan scientifique ou chronologique, ne fait obstacle à ce que le tableau ait été acquis par Théodore Duret du vivant de Gustave Courbet lui-même. Des sources de presse contemporaines de la vente de 1931, citées par Johann Naldi mais non retenues dans un article publié en décembre 2025 dans les Cahiers de l'Institut Gustave Courbet, évoquaient pourtant explicitement la présence probable d'œuvres authentiques parmi les lots de la succession Duret.

Article rédigé par Julie
Date de publication : le 09/09/2026.

Renseignements

Galerie Johann Naldi, 17 rue Henry Monnier 75009 Paris

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