Depuis la rentrée 2025, deux collèges de l'Essonne expérimentent un nouveau mode de restauration scolaire : le self participatif. Au collège Charles Péguy de Bondoufle et au collège Antoine de Saint-Exupéry de Marolles-en-Hurepoix, les élèves se servent eux-mêmes selon leurs envies et leur faim. Un dispositif inédit en Île-de-France, porté par le Département de l'Essonne, avec un double objectif : responsabiliser les collégiens et réduire le gaspillage alimentaire.
Finie la longue file d'attente devant une ligne de self où les agents remplissent les assiettes sans que les élèves n'aient leur mot à dire. Dans les collèges Charles Péguy à Bondoufle et Antoine de Saint-Exupéry à Marolles-en-Hurepoix, la restauration scolaire fonctionne désormais sur un modèle différent. Les collégiens se déplacent librement vers un bar à salades, un buffet des desserts et un stand de plats chauds, et se servent selon leur appétit du moment. Une seule règle s'impose : respecter l'ordre des composantes du repas, entrée puis plat dans une assiette unique, dessert ou laitage dans une petite assiette séparée.
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Le self participatif dans les collèges de l'Essonne : les élèves se servent selon leur appétit
Ce dispositif, baptisé self participatif, est une première en Île-de-France. Il s'inspire d'expériences déjà menées dans d'autres départements français, notamment la Drôme, le Nord et la Sarthe. C'est le Département de l'Essonne (91) qui pilote cette expérimentation, dans le cadre de sa politique en faveur de la réussite éducative et de la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les cantines. Selon Jérôme Bérenger, vice-président du Département en charge des collèges, l'objectif est clair : donner davantage de liberté et de responsabilité aux élèves, tout en réduisant les 780 tonnes de biodéchets générées chaque année par les cantines du département.
Du côté des élèves, l'accueil est positif. « C'est beaucoup mieux qu'avant ! La queue est moins longue et on peut choisir ce qu'on veut manger », témoigne Nolan, en classe de 4e. Louane, elle, apprécie de pouvoir « manger à sa faim en prenant juste ce qu'il faut ». Pour Léya, arrivée en 6e cette année, le plaisir est double : celui de choisir son repas et celui de finir son assiette. Ces retours d'élèves illustrent concrètement ce que le self participatif cherche à favoriser dans les établissements essonniens.
Le personnel de restauration observe lui aussi des changements notables dans son quotidien. Moins de gestes répétitifs, moins de manipulations : les agents ne servent plus directement les élèves, mais les orientent, les informent sur la composition des plats et veillent à ce que chacun respecte les règles du dispositif. « On voit mieux les élèves quand on ne doit pas les servir, on est plus dans l'échange et ils sont contents d'être plus autonomes et responsables », note Nathalie, cheffe de restauration.
En fin de repas, les collégiens participent également au tri de leurs déchets à une table dédiée installée à la sortie de la salle. Les restes de pain sont récupérés par le boulanger pour être donnés aux animaux, tandis que les emballages et autres déchets alimentaires sont recyclés par la Sémardel. L'utilisation d'une assiette unique pour l'entrée et le plat contribue par ailleurs à réduire la vaisselle et la consommation d'eau, deux effets secondaires bienvenus de ce nouveau fonctionnement.
Les résultats obtenus dans d'autres départements pionniers sont encourageants. Dans la Drôme, le passage au self participatif a permis de faire passer les déchets de 120 grammes par élève et par jour à seulement 32 grammes, générant jusqu'à 800 000 euros d'économies. Fort de ces chiffres, le président du Département de l'Essonne, François Durovray, a annoncé que l'expérimentation sera évaluée durant le premier trimestre, avec un objectif de réduction du gaspillage alimentaire de 30 %. Si les résultats sont concluants, le dispositif pourrait être étendu ou adapté à d'autres collèges essonniens dès la rentrée 2027. Chaque euro économisé sera réinvesti dans la qualité des repas, avec davantage de produits locaux et labellisés.
Article rédigé par Julie
Date de publication : le 09/09/2026.
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