Unaferm
À Aspach, quatre cadres de l'entreprise Unaferm ont découvert le trail à l'occasion d'un projet de team building autour de l'ascension du Mont-Blanc en 2017. Depuis, Romain Scherrer, Lionel Tocco, Anaïs Pabst et Jean-Charles Hanser ont chacun fait de cette discipline une habitude ancrée dans leur quotidien, entre entraînements dans les Vosges, organisation minutieuse et recherche d'équilibre personnel.
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Comment le trail s'est installé dans la vie de quatre cadres alsaciens
Au départ, aucun d'eux ne vient vraiment du trail. Romain Scherrer, directeur associé, évoque un groupe « pas du tout coureur ». Lui pratiquait surtout le football. Lionel Tocco, également directeur associé, se souvient plutôt de longues sorties de préparation, d'abord à pied, dans les Vosges. Le point de départ est commun : en 2017, l'entreprise Unaferm, spécialisée dans les menuiseries extérieures, organise un projet de team building autour de l'ascension du Mont-Blanc. Pour s'y préparer, il faut sortir, marcher, faire du dénivelé, tenir dans la durée. Puis courir un peu, pour gagner en efficacité, puis davantage, jusqu'à installer de vraies habitudes.
Chez Anaïs Pabst, directrice du recrutement et de la communication, le déclic date aussi de cette période. À son retour de congé maternité, on lui annonce qu'il faut se préparer à cette ascension. « C'est comme ça qu'on a tous goûté aux trails », résume-t-elle. Pour Jean-Charles Hanser, directeur général, la pratique démarre à peu près au même moment, avec un moteur plus personnel : la recherche d'un sport praticable seul, sans logistique lourde, et capable d'apporter un équilibre durable.
Si le trail s'est imposé chez eux, c'est aussi parce que le terrain s'y prête. Tous parlent des Vosges comme d'un avantage évident. En peu de temps, depuis Aspach ou les environs, ils peuvent rejoindre des parcours avec du relief, de la forêt et des portions variées. « On a un terrain de jeu magnifique, avec du dénivelé très rapidement », souligne Anaïs Pabst. Pour elle, Wattwiller reste un secteur de prédilection : un terrain d'enfance, mais aussi un endroit où l'on trouve vite des montées utiles pour la préparation.
Romain Scherrer cite plutôt le secteur du Molkenrain et de la vallée de Thann. Ce qu'il recherche d'abord, c'est le dénivelé. « J'essaie de faire une sortie avec 1 000 mètres de dénivelé. » Mais il dit aussi ce qui le motive : le plat l'ennuie. Ce qu'il aime, c'est monter, viser un sommet, arriver là-haut pour avoir une vue.
Lionel Tocco défend lui aussi les Vosges comme terrain d'entraînement. Selon lui, c'est un relief idéal pour apprendre et progresser : les montées sont franches, les descentes permettent de récupérer avant de repartir. Ce n'est pas l'ampleur des Alpes, mais c'est suffisant pour construire une vraie pratique.
Le plus compliqué n'est pas toujours de courir. C'est souvent de réussir à faire entrer ces sorties dans des semaines déjà chargées. Sur ce point, les quatre témoignages se rejoignent : sans organisation, la pratique ne tient pas longtemps. Jean-Charles Hanser a fixé ses rendez-vous. Mardi midi, jeudi midi, dimanche matin. « C'est marqué dans mon agenda comme un rendez-vous important », explique-t-il. Il ne compte pas uniquement sur l'envie du moment. Le créneau est posé, donc la sortie a lieu.
Anaïs Pabst parle, elle aussi, d'une « sacrée organisation ». Elle court trois fois en semaine entre midi et deux, puis deux fois le week-end. L'équilibre n'est pas toujours simple, notamment avec la vie familiale, mais elle s'y tient parce que la pratique a pris une vraie place dans son rythme de vie. Romain Scherrer s'entraîne davantage le soir, avec deux séances tardives les mardis et jeudis, puis une grosse sortie le dimanche matin. Quand la météo se dégrade trop, il bascule sur tapis, sans pour autant supprimer la séance.
Sur ce point, justement, les avis diffèrent un peu. Anaïs Pabst raconte qu'une sortie sous la pluie peut être pénible au départ, mais intéressante une fois lancée : le paysage change, la séance aussi. Jean-Charles Hanser, lui, ne s'embarrasse pas de nuances : il adapte simplement les vêtements. Le principe, lui, ne bouge pas. Courir fait partie de la semaine, quelles que soient les conditions.
Avec le temps, leurs objectifs ont divergé. Jean-Charles Hanser ne cherche pas le chrono. Il veut finir ses courses et y prendre du plaisir. Pour lui, le trail sert d'abord à entretenir un équilibre physique et mental. Il le dit clairement : être bien dans sa tête et dans son corps aide aussi à être mieux dans son travail, à garder de la concentration et à prendre du recul.
Anaïs Pabst insiste davantage sur le dépassement de soi. Atteindre un objectif, tenir une routine, constater que le corps encaisse plus qu'on ne l'imaginait : voilà ce qu'elle retient de ces années de pratique. Elle évoque aussi des effets très concrets, comme la disparition de certains maux du quotidien ou une meilleure résistance à la fatigue, au fil des mois.
Romain Scherrer parle surtout d'un « reset ». Dans un quotidien professionnel où il faut gérer des contraintes et trouver des solutions, courir permet de remettre le cerveau à zéro. Lionel Tocco, de son côté, est allé plus loin dans les formats, jusqu'à l'ultra. Il évoque l'apprentissage, la progression, mais aussi la récupération longue et les articulations à surveiller. Le trail peut être exigeant, parfois cassant, mais il donne aussi envie d'aller voir un peu plus loin, étape par étape.
Ils ne courent plus tous ensemble comme à leurs débuts. Les niveaux et les objectifs ont évolué. Mais la pratique continue de circuler entre eux. Elle revient dans les discussions, dans les préparations, dans les récits du lundi matin. Chez Unaferm, elle n'a plus grand-chose d'anecdotique : elle s'est installée durablement, à partir d'un défi commun, puis chacun s'en est emparé à sa manière, en fonction de son rythme et de ses envies, avec une place désormais bien identifiée dans leur organisation personnelle comme dans leur quotidien professionnel.
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