Hôtel de Ville de Paris | Paris
À l'occasion des Journées européennes du patrimoine des 19 et 20 septembre 2026, la Ville de Paris célèbre les 25 ans de son marrainage du porte-avions Charles de Gaulle. Une maquette du navire amiral de la Marine nationale est présentée à l'Hôtel de Ville de Paris, symbole d'une relation unique entre la capitale et ce géant des mers mis en service en 2001. L'année 2026 marque également le 400e anniversaire de la Marine nationale.
C'est le 10 septembre 2001 que Paris est officiellement devenue ville-marraine du porte-avions Charles de Gaulle, quelques mois seulement après la mise en service du bâtiment. La délibération avait été votée à l'unanimité par le conseil municipal, avant d'être actée par la signature de Bertrand Delanoë, alors maire de Paris, et du commandant du navire, Richard « Le Pacha » Laborde. Une alliance qui peut surprendre de prime abord, mais qui s'inscrit dans une tradition institutionnelle bien ancrée depuis la création, en 1986, de l'Association des Villes Marraines, qui fédère 180 collectivités territoriales à travers la France.
Le fait que Paris ne soit pas une ville maritime n'a rien d'un obstacle : le parrainage d'une unité militaire par une collectivité n'impose aucune proximité géographique. Ce lien représente avant tout un engagement fort de la ville envers son unité filleule, et un outil précieux pour renforcer les relations entre l'armée et la société civile. À Paris (Paris), ce marrainage du porte-avions s'est traduit, au fil des années, par des échanges réguliers et des initiatives concrètes entre la Mairie et l'équipage du Charles de Gaulle.
À l'occasion des Journées européennes du patrimoine 2026, une maquette du porte-avions est exposée à l'Hôtel de Ville de Paris, lieu symbolique de cette relation entre la capitale et le navire. Cette exposition s'inscrit dans le cadre du double anniversaire que constitue cette année 2026 : les 25 ans du marrainage et les 400 ans de la Marine nationale, deux occasions de mettre en lumière une coopération méconnue du grand public.
Depuis 2014, un programme annuel structure et nourrit concrètement ce parrainage. Chaque année, deux classes parisiennes ont la chance de passer deux jours à bord du porte-avions, une expérience hors du commun qui peut éveiller des vocations. En parallèle, des délégations de l'équipage sont régulièrement accueillies à Paris autour de programmes mémoriels, historiques et culturels, notamment à l'Hôtel de Ville. En 2016, la Ville avait par ailleurs organisé une exposition intitulée « Les femmes et hommes du Charles de Gaulle ».
Le soutien de Paris ne se limite pas au symbolique. La Ville apporte également un appui financier et logistique au navire : inscription gratuite de marins au Marathon de Paris, aide à l'aménagement de la salle de lecture à bord, ou encore renouvellement du mobilier du carré du commandant par les étudiants de l'École Boulle. Des gestes concrets qui illustrent la profondeur de cet engagement réciproque.
La solidarité entre Paris et le Charles de Gaulle s'est aussi manifestée dans les moments les plus difficiles. Après les attentats du 13 novembre 2015, le commandant avait adressé une lettre de soutien à Anne Hidalgo, conservée précieusement par l'édile. Lors de l'incendie de Notre-Dame en 2019, l'équipage réuni sur le pont avait formé une silhouette vivante de la cathédrale. Et pour les 80 ans de la Libération de Paris, une immense croix de Lorraine humaine avait été tracée sur le pont du navire. Des moments forts qui témoignent d'un lien qui dépasse le simple protocole.
Le porte-avions Charles de Gaulle est le seul bâtiment de ce type en Europe à propulsion nucléaire. Ses dimensions sont impressionnantes : 262 mètres de long sur 64 mètres de large, pour un tonnage de 42 000 tonnes. Ses deux chaudières nucléaires K15 lui permettent d'atteindre une vitesse maximale de 27 nœuds, soit environ 50 km/h, et de parcourir jusqu'à 1 000 kilomètres par jour.
À bord, les 2 000 membres d'équipage évoluent dans un véritable labyrinthe de 25 kilomètres de couloirs, appelés coursives en vocabulaire marin. Pour rendre ces déplacements plus familiers, les coursives ont été baptisées de noms de lieux parisiens : rue de Rivoli, esplanade des Invalides, porte d'Italie, porte de Versailles, rue de Vaugirard. En pleine mer comme à quai à Toulon, les marins peuvent ainsi se donner rendez-vous place de l'Hôtel de Ville.
Sur le plan aéronaval, le navire embarque un groupe de 40 aéronefs, principalement des Rafale. Grâce à ses deux catapultes à vapeur de 75 mètres, un chasseur peut être lancé toutes les 30 secondes, passant de l'arrêt complet à 250 km/h en seulement 3 secondes. Des performances qui font du Charles de Gaulle un outil militaire unique en son genre au sein des flottes européennes.
Article rédigé par Julie
Date de publication : le 18/09/2026.
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