La consommation d'œufs frais explose en France ! Pourquoi ?

On l'a tous constaté : ces derniers mois, les rayons œufs frais de nos supermarchés sont dévalisés... On est allé voir un éleveur de poules pour savoir ce qui se passait ! - Mike Obri

La consommation d'œufs frais explose en France ! Pourquoi ? © Ginette et ses copines, sponsors officiels de vos omelettes

Les Français n'ont jamais autant consommé d'œufs : ils en avalent, en moyenne, 240 chaque année. Un chiffre en augmentation constante... mais pour quelle raison ? Premièrement, les consommateurs ont acté que l'œuf était la protéine la moins chère du marché, dans une période où tout augmente, notamment le prix de la viande. Deuxièmement, la demande pour les produits protéinés s'est accélérée. En grande surface, le chiffre d'affaires des produits estampillés "hyper protéinés" a été multiplié par cinq ces quatre dernières années.

La protéine la moins chère

Un autre facteur vient s'ajouter à la tension sur le marché de l'œuf : la production française effectue une transition de l'élevage en batterie vers des conditions plus respectueuses du bien-être des animaux, en hors cages (et c'est tant mieux !) avec pour conséquence directe une perte de productivité globale. Et voilà pourquoi, dans votre Super U ou votre Leclerc, vous vous retrouvez de plus en plus souvent devant un rayon "œufs frais" à moitié vide. Selon un rapport de l'interprofession, il faudrait un million de poules supplémentaires par an pour suivre la demande nationale.

« Chez moi, tous les œufs partent dans la journée. Je travaille en flux tendu toute l'année », nous confirme Jean-Pierre Goldschmidt, éleveur de poules pondeuses à Fessenheim, à la Ferme des Trois Poulaillers. « Les œufs remplacent la viande, dont les prix ont fortement augmentés, d'après moi. » Jean-Pierre Goldschmidt possède un peu plus de 2000 poules et travaille seulement en vente directe, à la ferme, et en livrant quelques points de vente dans le proche secteur. C'est un petit producteur : un élevage de poules pondeuses en France, c'est plutôt dans les 20 000 poules... « La poule pond pendant un peu plus d'un an et demi, ensuite, elle est réformée. Je suis content de dire qu'aucune des miennes ne part ensuite à l'abattoir : je les vends à des particuliers... et la demande est là aussi très forte ! »

Jean-Pierre Goldschmidt et ses oeufs plein air à Fessenheim © DR Jean-Pierre Goldschmidt et ses oeufs plein air à Fessenheim

Avoir des poules chez soi ?

En effet, l'une des solutions possibles, si on en a les capacités, peut être d'avoir ses propres poules - au minimum deux, et jamais seule ! Il faut s'en occuper, tel un animal de compagnie, en leur fournissant de l'eau, de la nourriture et en nettoyant régulièrement le poulailler. Une présence quotidienne est donc indispensable. De quoi a-t-on besoin ? D'un poulailler fermé qui va servir d'hôtel chaque nuit et d'un peu d'espace à l'extérieur, bien grillagé pour protéger vos poulettes de ses nombreux prédateurs : chiens, chats, renards, rapaces...

Une poule, même réformée, continue à pondre presque tous les jours. C'est un beau geste que d'en adopter, puisqu'on pourra lui offrir "une retraite" plus douce et paisible. En l’espace d’une année, deux poules consomment jusqu’à 150 kg de restes alimentaires : épluchures de légumes, fruits, restes de repas, et bien sûr la pelouse... Bien pratiques, ces oiseaux ! Signalons que Mulhouse Alsace Agglomération reconduit son opération "J'adopte des poules" en ce moment : 400 poules pondeuses seront offertes aux familles de l'agglo qui remplissent les critères d'adoption.

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