En ce moment, c'est la période des vendanges : on en profite pour vous expliquer le Vin d'Alsace, ses différents cépages, ses chiffres-clés et ses défis à venir. S'gilt ! - Mike Obri
© Mike Obri
Du côté de Saint-Hippolyte
Le vignoble alsacien, c'est un peu plus de 15 000 hectares de vignes pour environ 900 000 hectolitres de production en moyenne (1hl = 100l). 90% des vins produits sont des vins blancs. Il y a encore une dizaine d'années, le Crémant d'Alsace représentait un quart de la production globale : c'est désormais plus d'un tiers en 2026 ! La demande nationale et internationale pour cet effervescent régional - qui fête cette année les 50 ans de son AOC - ne fait que s'accroître. Une alternative au Champagne.
Depuis de nombreuses décennies, le vignoble alsacien s'appuie sur la culture de sept cépages différents (voir encadré). Pourquoi ces sept cépages-là... et pas des autres, comme la Syrah ou le Chenin ? L'explication est climatique et géologique. « En théorie, on peut tout faire pousser... c'est surtout une question d'arriver à la bonne maturité. Nos cépages alsaciens étaient les plus adaptés aux conditions locales », nous expliquait un ami vigneron. Des centaines d’années de culture ont permis d’identifier ces sept variétés précises, du Riesling au Pinot Noir.
Cependant, comme chacun peut le constater, le climat se réchauffe, et à l'avenir, tout pourrait être chamboulé. Chose absolument impensable il y a encore quelques saisons, certains vignerons alsaciens se mettent à cultiver et à vinifier des cépages que l'on retrouve habituellement dans des régions plus méridionales, comme le Vermentino, le Cabernet ou le Malbec... 16 nouveaux cépages doivent être testés dans le vignoble alsacien, dans le cadre d'une expérimentation encadrée par l'Inao. Il s'agit en effet de trouver des solutions pour s'adapter à la réalité du changement climatique. Un bon Malbec de Ribeauvillé... cela sera peut-être bientôt une réalité dans nos verres.
Riesling (21% du vignoble)
Le cépage roi en Alsace est aussi l'un des plus "nobles". Sec, profond et minéral, un grand vin de gastronomie qui s'exporte facilement.
Pinot Blanc (21% du vignoble)
On le consomme, à tort, assez peu souvent pour lui-même. Il reste principalement planté pour l'élaboration du Crémant d'Alsace.
Gewurztraminer (20% du vignoble)
Atypique, épicé et à fort caractère... souvent le cépage le plus (re)connu des consommateurs.
Pinot Gris (16% du vignoble)
Complexe mais facile à boire, il a connu une forte progression de surface plantée depuis 25 ans.
Pinot Noir (12% du vignoble)
Autrefois le grand oublié, le seul cépage rouge d'Alsace a retrouvé ses lettres de noblesse avec de plus en plus de cuvées finement travaillées, à la bourguignonne.
Sylvaner (5% du vignoble)
En 40 ans, sa production a été divisée par trois et sa présence dans le vignoble baisse d'année en année.
Muscat (4% du vignoble)
Fruité et pimpant, il a toujours ses amateurs, mais reste un cépage un peu délaissé, et, selon les années, le plus ardu à réussir.
• Plus une poignée de cépages bien plus anecdotiques comme le Chardonnay, le Klevner ou le Chasselas...
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